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Soudan: le leader d'opposition Sadek al-Mahdi libéré après un mois de détention

Le leader d'opposition et ancien Premier ministre soudanais Sadek al-Mahdi a été libéré dimanche près d'un mois après son arrestation, très contestée à l'étranger, pour avoir accusé une unité paramilitaire d'exactions au Darfour (ouest).

Le chef du parti d'opposition Oumma est apparu souriant au milieu d'une foule de près de 200 militants venus l'acclamer au siège du parti à Omdurman, la ville jumelle de Khartoum. 

Quelques minutes auparavant le ministre d'Etat à l'Information, Yassir Youssef, avait annoncé à l'AFP que M. al-Mahdi avait "été libéré". 

Sadek al-Mahdi avait été arrêté le 17 mai par le puissant Service national de renseignement et de sécurité (NISS) après avoir, selon ce service, accusé la Rapid Support Forces (RSF) --une force paramilitaire qui combat la rébellion-- de viols et violences contre les populations civiles au Darfour (ouest).

Sous le coup d'une enquête pour des accusations de trahison, il risquait la peine de mort en cas de condamnation.

Il n'était pas clair dimanche si ces charges étaient maintenues.

Selon M. Youssef, il a été libéré après que ses avocats ont fait appel au ministère de la Justice demandant à retirer ou suspendre les charges. 

Après l'arrestation de son chef, le parti Oumma avait annoncé son intention de quitter le "dialogue national" engagé par le président Omar el-Béchir en janvier pour répondre aux appels urgents aux changements dans son régime au pouvoir depuis 25 ans.

S'exprimant devant ses partisans dimanche, M. Mahdi n'a pas précisé si Oumma réintégrerait ou non ce dialogue. 

Il a ajouté qu'il s'entretiendrait avec un groupe de Soudanais le soutenant dans la critique des RSF et se prononcerait ensuite "sur ce que nous avons l'intention de faire". 

Durant sa prise de parole, ses partisans ont scandé des slogans affirmant que M. Mahdi "est la voix du peuple". 

En dépit de promesses répétées de réformes de la part du gouvernement, l'ONG de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF) a cependant assuré que "les autorités (...) suivent une ligne de plus en plus autoritaire envers les médias". 

Une dizaine de jours après l'arrestation de M. Mahdi, les autorités soudanaises avaient ainsi interdit aux journalistes d'évoquer l'affaire. 

Les ambassades britannique et américaine à Khartoum avaient exprimé leur "inquiétude" et appelé le Soudan à respecter la liberté d'expression.

Et début juin la police anti-émeute a dispersé violemment une manifestation de partisans réclamant la libération de M. Mahdi et appelant à la chute du gouvernement. Lors d'un autre rassemblement réclamant la libération d'opposants politiques vendredi, quatre des filles de M. Mahdi ont été interpellées, avant d'être libérées. 

Sadek al-Mahdi était Premier ministre quand le président Omar el-Béchir a mené son coup d'Etat en 1989 et est également un chef religieux, à la tête de la secte Al-Ansar, branche religieuse du parti Oumma.

De nombreux Soudanais se montrent septiques quant aux intentions de cet opposant arguant notamment qu'un de ses fils est conseiller auprès du président et un autre membre des NISS. 

Plus tôt dimanche, plusieurs personnalités soudanaises, dont l'ancien candidat à la présidentielle Kamal Idriss, ont indiqué aux journalistes qu'ils opéraient une médiation entre M. Mahdi et le gouvernement.  

Ils ont affirmé qu'ils poursuivraient cette médiation dans le but d'obtenir la libération de plusieurs détenus dont Ibrahim el-Cheikh, chef du parti du Congrès soudanais, arrêté le 8 juin pour avoir lui aussi critiqué les RSF.

AFP

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