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Tunisie: Al-Qaïda revendique pour la première fois des attaques

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué pour la première fois de récentes attaques en Tunisie, notamment contre le ministre de l'Intérieur fin mai, au moment où les autorités affirment avoir repris la main dans la lutte contre les jihadistes armés.

"Un groupe de lions de Kairouan (ville sainte de l'Islam en Tunisie, ndlr) est parti pour couper la tête du criminel (le ministre) Lotfi Ben Jeddou chez lui dans la région de Kasserine, et Dieu leur a permis de tuer un nombre de ses gardes personnels et d'en blesser d'autres et de leur prendre leurs armes", indique un communiqué publié dans la nuit de jeudi à vendredi sur un forum utilisé par Aqmi pour diffuser ses revendications.

"Si ce criminel l'a échappé belle cette fois, il n'en réchappera pas la prochaine", affirme encore Aqmi dans ce qui est sa première revendication depuis la révolution de janvier 2011.

Un commando jihadiste a attaqué dans la nuit du 27 au 28 mai le domicile de M. Ben Jeddou, absent au moment des faits, à Kasserine (ouest, frontière algérienne). Quatre policiers avaient été tués lors de l'attaque.

L'organisation islamiste admet aussi pour la première fois que les combattants armés pourchassés depuis un an et demi au mont Chaambi appartiennent à Aqmi, confirmant ce que les autorités tunisiennes affirmaient depuis des mois.

"L'armée tunisienne a mené des opérations militaires contre nos militants du Mont Chaambi ce qui a obligé les lions de l'islam à frapper une colonne militaire", indique Aqmi, sans donner plus de précisions. 

L'organisation considérait jusqu'à présent la Tunisie comme une terre de prédication et n'y avait revendiqué aucune attaque depuis la révolution. 

Plus d'une vingtaine de militaires et gendarmes ont été tués depuis décembre 2012 dans la zone du mont Chaambi, à la frontière algérienne, près de Kasserine. Les autorités n'ont jamais réussi, malgré des bombardements à répétition, à neutraliser ce groupe qui a miné le massif montagneux pour ralentir l'avancée des troupes.

Aqmi souligne "qu'entrer en guerre ouverte contre l'islam et ses partisans pour plaire aux Etats-Unis, à la France et à l'Algérie, se paye cher".

L'organisation jihadiste critique vertement dans son communiqué les autorités arrivées au pouvoir après la révolution de janvier 2011 et les accuse de reproduire les politiques répressives du président déchu Zine El Abidine Ben Ali, bien que le parti islamiste Ennahda ait dirigé la Tunisie pendant plus de deux ans et reste la principale formation politique du pays.

"Ils ont commencé une campagne aveugle d'arrestations contre nos jeunes", dit Aqmi, dénonçant le fait qu'Ansar Asharia, principal groupe jihadiste tunisien, a été classé organisation terroriste "pour plaire aux mécréants". 

 

- Opération militaire à Jendouba -

 

Après une année 2013 marquée par des assassinats politiques et des attaques à répétition contre les forces de l'ordre, les autorités tunisiennes affirment avoir repris la main dans la lutte contre ces groupes armés particulièrement actifs à la frontière tuniso-algérienne.

Le gouvernement tunisien n'a pas réagi dans l'immédiat à la revendication diffusée par Aqmi.

Par ailleurs, le ministère de l'Intérieur a indiqué vendredi pourchasser depuis la nuit un groupe "terroriste" dans la région de Jendouba, au nord-ouest de la Tunisie, une zone non loin de l'Algérie où des heurts avec des jihadistes se produisent régulièrement.

Selon le ministère, deux combattants ont été tués et l'opération se poursuivait vendredi matin.

Depuis le début de l'année, le pouvoir se veut cependant rassurant, soulignant avoir multiplié les succès en tuant notamment certains des principaux suspects des assassinats des opposants Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, des crimes qui ont plongé la Tunisie dans une profonde crise politique.

Dans un entretien à l'AFP en avril, le Premier ministre Mehdi Jomaa, un indépendant qui a succédé début 2014 à la coalition gouvernementale dirigée par Ennahda, affirmait ainsi que les forces tunisiennes étaient "en train de progresser".

"La menace n'est plus celle qu'elle était il y a quelques mois et ce qui se passe à Chaambi est plutôt rassurant car on ne les attend plus, on va les chercher maintenant", disait-il.

Plus prudent, le ministère de la Défense disait à la même époque que la lutte contre les groupes armés allait "prendre du temps".

AFP

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