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Paris veut rester le 1er partenaire économique de l'Algérie

Bousculée par la montée en puissance de la Chine, la France entend demeurer le principal partenaire économique de l'Algérie, a annoncé le chef de sa diplomatie, en visite à Alger, accompagné d'une importante délégation d'hommes d'affaires.

"La France entend être et rester le Premier partenaire économique de l'Algérie", a martelé lundi le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, au cours d'une conférence de presse, peu avant de quitter Alger où il a effectué une visite de deux jours.

Avec des réserves de change de 200 milliards de dollars et des revenus annuels d'environ 60 milliards de dollars, l'Algérie souhaite rénover son économie, entièrement dépendante des hydrocarbures. 

Le président Abdelaziz Bouteflika entend mettre en place un plan d'industrialisation au cours de son prochain quinquennat entamé fin avril, un programme qui attise les appétits étrangers.

"Il s'agira d'axer la concurrence entre les partenaires autour du seul intérêt de l'Algérie", a affirmé lundi le chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra, soulignant que dans le cas de la France, premier investisseur hors hydrocarbures, le partenariat "sera ouvert à tous les secteurs prioritaires de l'Algérie".

"Nous travaillons ensemble sur le partenariat économique, au c½ur des relations entre la France et l'Algérie", a confirmé M. Fabius, reçu par le président Bouteflika et le Premier ministre Abdelmalek Sellal.

Troisième client de l'Algérie, lui achetant essentiellement des hydrocarbures, la France qui avait été pendant longtemps son premier fournisseur, a été détrônée pour la première fois par la Chine en 2013, selon des chiffres officiels algériens.

Entre janvier et septembre, la Chine a été le premier fournisseur de l'Algérie avec 4,95 milliards de dollars, soit 11,98% des importations globales de ce pays. Sur cette période, la France a été reléguée à la deuxième place avec 4,70 milliards (11,37%).

La Chine a conservé son rang de premier fournisseur au premier semestre 2014, avec 1,87 milliard de dollars, tandis que la France restait cantonnée à la deuxième place, avec 1,67 milliard.

- Méga-projet de la grande mosquée d'Alger-

Paris, seul partenaire économique de l'Algérie à avoir nommé un envoyé spécial pour ses relations économiques avec Alger - Jean-Pierre Raffarin -, peine à faire face à la féroce concurrence des Chinois.

"C'est la réalité de la compétition. La Chine est devenue cette année peut-être la première puissance économique mondiale, il n'est pas illégitime que ce pays qui cherche à développer ses relations économiques avec le reste du monde soit présent en Algérie", a estimé M. Fabius. 

L'Algérie a accordé à 50 entreprises chinoises des contrats de BTP d'une valeur totale de 20 milliards de dollars, et la réalisation du méga-projet de la grande mosquée d'Alger, d'un budget prévu d'un milliard et demi de dollars, a été confiée à la société China State Construction Engineering Corporation (CSCEC). La construction du complexe, entamée le 16 août 2012, devrait s'achever en 2015.

Pendant ce temps, les entreprises françaises ont perdu du terrain. Le groupe pétrolier algérien Sonatrach a annulé en mars un projet de construction d'usine d'un montant de cinq milliards de dollars, en négociation depuis 2007 avec le groupe français Total, en raison d'un différend sur le prix du gaz.

Pour autant, la France reste " pour le moment le premier partenaire économique de l'Algérie dans l'ensemble", englobant les "échanges des biens et services et le niveau des investissements", selon M. Fabius, qui a annoncé l'organisation de rencontres annuelles au plus haut niveau pour "amplifier" la coopération économique bilatérale.

"Les réunions entre les Premiers ministres prévues tous les deux ans, se tiendront désormais une fois par an", a-t-il dit. M. Fabius a précisé que le Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal se rendrait à Paris en décembre prochain ou en janvier 2015.

"Une importante réunion des ministres économiques des deux pays se tiendra à Alger en novembre prochain", a ajouté le ministre français.

"Les choses ont beaucoup avancé depuis deux ans lorsque le partenariat d'exception a été décidé entre les deux pays", a-t-il estimé.

M. Fabius a cité les secteurs des transports, de l'agroalimentaire et la pharmacie, qui ont enregistré ont, selon lui, des évolutions "remarquables" au cours des dernières années.

"Il y a beaucoup de domaines où on peut amplifier notre coopération comme l'aéronautique civile et militaire, le tourisme et les petites et moyennes entreprises", a-t-il ajouté.

 

 

AFP

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