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Nigeria: plus de cent personnes enterrées suite

Des chefs locaux ont déclaré lundi avoir enterré plus de cent personnes dans le nord-est du Nigeria, suite aux attaques islamistes menées la semaine dernière contre plusieurs villages, alors que de nombreuses autres sont toujours portées disparues.

Selon Lawan Abba Kaka et John Gulla, deux chefs d'Attagara, dans l'Etat de Borno, environ 110 personnes ont été enterrées après les attaques lancées mardi et mercredi par des militants de Boko Haram dans leur village ainsi que dans au moins trois autres villages de la même zone.

Les attaques de Boko Haram, qui ont fait des milliers de morts depuis 2009, se sont encore intensifiées ces dernières semaines, et le groupe islamiste a choqué le monde entier en enlevant plus de 200 jeunes filles de leur lycée de Chibok, également dans le Borno, mi-avril.

Selon Ali Ndume, sénateur de la partie sud de l'Etat de Borno, les victimes des attaques de la semaine dernière ont été enterrées dans neuf villages de cette région, dont 42 à Attagara, 20 à Aganjara et 20 à Agapalwa.

"Selon les témoignages de ceux qui ont fui, il y a d'autres cadavres dans la brousse environnante et dans la montagne" a-t-il déclaré à la presse en sortant d'une réunion à Maiduguri, capitale de l'Etat de Borno.

"Il y a aussi de nombreuses personnes qui ont fui et qui sont coincées dans les montagnes, sans nourriture ni eau", a-t-il ajouté.

Selon certains chefs locaux, ces attaques ont fait 400 à 500 morts, mais ce bilan n'a pas pu être vérifié de façon indépendante.

Certains témoins avaient décrit la semaine dernière des scènes très choquantes, comme celles d'enfants arrachés au dos de leurs mères qui tentaient de fuir, avant d'être fusillés.

Selon Asabe Vilita, un responsable du district de Gwoza, où sont situés les quatre villages détruits, ces attaques ont causé la fuite de 1.290 personnes, dont une grande partie se trouve maintenant à Maiduguri.

Trois camps ont été mis en place pour les accueillir, et les responsables politiques et religieux ont dit travailler ensemble, avec l'armée, pour organiser le retour des déplacés, quand les conditions de sécurité seront réunies.

Ces villages abritent à la fois des chrétiens et des musulmans, qui cohabitent en bonne intelligence depuis plusieurs années, selon M. Ndume.

"Ils ont sans doute leurs propres sujets de discorde, mais les récentes attaques ont été perpétrées par Boko Haram", a-t-il soutenu.

AFP

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