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Les groupies armées de Kadhafi

Cent jours après les premiers raids de l’Otan sur la Libye, les forces loyales à Kadhafi dévoilent leurs nouvelles «bombes» pour lutter contre la rébellion: les soldats femmes. 500 combattantes ont reçu leur «diplôme» après une formation sur l’utilisation des armes, lors d’une cérémonie (diaporama du Guardian) soigneusement orchestrée par le gouvernement pour les journalistes étrangers à Tripoli dimanche 26 juin 2011, rapporte le Mail & Guardian.

«Je me tuerais si Mouammar Kadhafi meurt. Je sais que notre peuple fera la même chose», clame Fatima Hassan, une jeune soldate de 14 ans arborant un collier à l’effigie du Guide libyen.

Ces femmes, qui brandissent d’une main le portrait du Colonel et de l’autre une kalachnikov sont de tous âges et issues de tous les milieux socioprofessionnels. Que ce soit Habiba Abdul Qasem, une nourrice de 39 ans en treillis ou Nadia Ali, 30 ans, décoratrice d’intérieur au chômage, toutes ont le même discours: se défendre pour son pays, c’est se défendre pour Kadhafi.

Mais le rôle exact de ces femmes entraînées dans le conflit reste encore à déterminer. On ignore encore si elles peuvent servir de forces de réserve:

«Les femmes libyennes rejoignent maintenant les forces armées contre l’Otan. On les entraîne. Leur rôle principal est de défendre les maisons. Nous n’avons pas prévu de les envoyer en première ligne. Elles ne sont pas entraînées pour ça, et notre armée et très efficace», précise Moussa Ibrahim, un porte-parole du gouvernement.

Enrôler des femmes est une vieille tradition de Mouammar Kadhafi. C’est en 1983 que le Guide crée l’Académie militaire pour femmes de Tripoli. Il s’entoure dès la fin des années 80 d’une quarantaine de gardes aux treillis près du corps, chargées d’assurer sa protection: ce sont les «Amazones».

Ces soldates ont la particularité d'être toujours prêtes à tuer... tout en étant maquillées, et ce en toutes circonstances. Cette vision paradoxale de la femme s’explique pour Mouammar Kadhafi par le fait qu’«il n’y a pas de différence entre hommes et femmes.» Mais chacun doit rester fidèle à sa «nature», c’est-à-dire délicate et séduisante pour les femmes.

Les rebelles lui ont emboîté le pas en ayant recours à des femmes pour grossir leurs rangs.

Lu sur le Mail & Guardian, Global Post