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Nigeria: manifestations

Des centaines de jeunes ont manifesté dimanche soir à Kano (nord), la deuxième plus grande ville du Nigeria, contre la nomination du gouverneur déchu de la Banque centrale nigériane Lamido Sanusi Lamido, comme émir de Kano, l'un des principaux dignitaires musulmans du pays.

M.Sanusi est le petit-fils du frère d'Ado Abdullahi Bayero, son prédécesseur, qui était émir de Kano depuis 1963 et qui a succombé vendredi à un cancer, à l'âge de 83 ans.

Avec le sultan de Sokoto et le Shehu de Borno, l'émir de Kano est l'un des chefs religieux traditionnels les plus influents du nord du Nigeria, majoritairement musulman.

L'ex-chef de la Banque centrale a été nommé par le gouverneur de l'Etat de Kano, à qui ont été soumis plusieurs noms par des responsables du palais de l'émir.

Peu après l'annonce officielle, dimanche après-midi, des jeunes brandissant des branches d'arbres se sont mis à jeter des pierres et à allumer des feux dans la rue qui mène au siège du gouvernement local, criant "Nous ne voulons pas de Sanusi" en haoussa, la langue la plus parlée dans le nord du Nigeria, selon un journaliste de l'AFP sur place.

Ces jeunes soutenaient la candidature d'Aminu Ado Bayero, le fils aîné de l'émir défunt, très populaire dans le district de Kano qu'il dirige actuellement.

Ce candidat était soutenu par le PDP (parti démocratique populaire) du président Goodluck Joathan, alors que le congrès progressiste (APC) la principale formation d'opposition, soutenait M. Sanusi.

L'ex-gouverneur de la Banque centrale nigériane, âgé de 52 ans, avait été suspendu de ses fonctions le 20 février, moins de quatre mois avant la fin de son mandat, pour "imprudences en matière de finances", après avoir accusé la puissante compagnie pétrolière nationale NNPC d'avoir détourné près de 20 milliards de dollars (14,5 milliards d'euros) de fonds publics.

Son action au Nigeria, où il a remis de l'ordre dans un secteur bancaire au bord de l'implosion et stabilisé la monnaie du pays le plus peuplé et plus gros producteur de pétrole d'Afrique, a été saluée par de nombreux économistes nigérians et étrangers.

Mais cela lui a valu, également, de puissants ennemis politiques, au sein même du PDP, dans un pays où la corruption, que M. Sanusi n'a eu de cesse de dénoncer, est endémique.

Le gouverneur de l'Etat de Kano Rabiu Kwankwaso, qui a nommé M. Sanusi, fait partie des gouverneurs du nord du pays qui ont quitté l'année dernière les rangs du PDP pour rejoindre l'APC.

M. Sanusi, nommé par le magazine Times dans la liste des 100 personnalités les plus influentes du monde en 2011, constitue un allié de taille pour l'opposition, à moins d'un an des élections générales.

Lors d'un entretien accordé à l'AFP suite à son limogeage, M. Sanusi avait déclaré: "Lorsque vous vous trouvez avec le président Goodluck Jonathan, il a l'air d'une personne simple et aimable, qui essaye de faire de son mieux".

"Son plus grand échec est manifestement le fait qu'il soit entouré par des gens qui sont extrêmement incompétents, qui sont très malhonnêtes et en qui il a confiance" avait-il ajouté.

M. Sanusi ne s'est pas exprimé dimanche suite à sa nomination, mais il devrait  participer lundi à une séance de prière en hommage à l'émir défunt, à Kano.

AFP

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