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Elections au Burundi: Onu, UA, UE, Etats-Unis dénoncent des "entraves aux libertés"

Plusieurs hauts diplomates en charge des Grands-Lacs ont dénoncé, dans un communiqué reçu mardi, les "entraves aux libertés" et aux activités de l'opposition au Burundi, où des élections générales cruciales sont prévues en 2015.

L'envoyée spéciale de l'ONU Mary Robinson, le représentant spécial de l'Union africaine Boubacar Diarra, le coordinateur spécial de l'Union européenne Koen Vervaeke et l'envoyé spécial américain Russ Feingold ont rencontré au cours du week-end le président burundais  à Bujumbura.

Dans leur communiqué commun, ces diplomates se sont dit "très préoccupés par les restrictions de l'espace politique et des libertés civiles qui entravent les activités de l'opposition, de la société civile et des médias, à l'approche des élections de 2015".

Ils ont dénoncé "des mesures visant à entraver le processus électoral et empêcher la pleine participation de toutes les parties prenantes", qui risquent de remettre en cause "les progrès" ayant permis au Burundi de "surmonter une histoire faite de conflits".

"A l'approche des élections, les médias et la société civile doivent être libres de parler et de se prononcer sur l'ensemble du processus électoral", ont souligné les diplomates, rappelant que "tous les partis et acteurs politiques doivent avoir une chance égale de participer au processus".

"Tout effort visant à empêcher les réunions, à intimider les participants ou à fragiliser l'action de l'opposition met en péril le processus électoral et va à l'encontre de l'engagement exprimé par le gouvernement burundais pour la démocratie", ont-ils expliqué.

L'histoire du Burundi est jalonnée de massacres ethniques et le pays a connu une meurtrière guerre civile entre 1993 et 2006.

Le précédent scrutin de 2010 avait été boycotté par la quasi-totalité des partis politiques, à l'exception du CNDD-FDD, parti présidentiel majoritairement hutu, et de l'Uprona, principal parti tutsi.

Le récent retrait de l'Uprona du gouvernement a plongé le pays dans une crise politique et fait craindre une résurgence des tensions ethniques à l'approche du scrutin de 2015, lors duquel le président Nkurunziza a l'intention de briguer un troisième mandat, bien que la Constitution l'en empêche théoriquement.

Le Parlement a en outre rejeté récemment un projet de réforme constitutionnelle qui menaçait de rompre le fragile partage du pouvoir entre hutu et tutsi, consacré par les accords de paix ayant mis fin à la guerre civile.

Les observateurs s'inquiètent en outre d'informations faisant état de distributions d'armes aux jeunes du parti au pouvoir, ce que dément Bujumbura.

 

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