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Ressortissants de la RDC à Brazzaville en attente de retour à Kinshasa, 29 avril 2014 / AFP
Ressortissants de la RDC à Brazzaville en attente de retour à Kinshasa, 29 avril 2014 / AFP

Les deux Congo tentent péniblement de renouer le dialogue

L'un et l'autre ne cessent de se renvoyer les responsabilités sur l'affaire des expulsés de Brazzaville.

De hauts responsables de la République démocratique du Congo (RDC) et du Congo se sont retrouvés lundi à Kinshasa pour tenter de régler la crise causée par l'expulsion ou le retour de nombreux ressortissants de RDC vivant au Congo.

Les deux délégations comptaient chacune une trentaine de membres et étaient conduites par le ministre de l'Intérieur de leur pays: pour la RDC, Richard Muyej, et pour le Congo, Raymond Mboulou, a constaté une journaliste de l'AFP.

Dans son discours, M. Muyej a accusé la "République soeur du Congo" d'avoir procédé à des "expulsions massives sans aucun respect des droits humains".

D'après M. Muyej, les expulsions et retours contraints se chiffrent désormais à près de 137.000, et le flux des retours a nettement baissé, passant de plusieurs milliers par jour à plusieurs centaines.

M. Mboulou a pour sa part estimé qu'"environ 2.000" ressortissants de l'ex-Zaïre ont été expulsés et que "près de 128.000" autres sont rentrés dans le cadre des "retours volontaires" faute de "document" nécessaire pour vivre légalement au Congo.

Il a par ailleurs justifié l'opération par une hausse de la criminalité des étrangers, et notamment celle des "kuluna", ces délinquants armés de machette qui ont parfois fui la police de RDC en traversant le fleuve Congo, frontière naturelle entre Kinshasa et Brazzaville.

Chacun a campé sur ses positions, mais les ministres ont dit vouloir trouver une solution acceptable pour les deux parties. La fin des travaux est prévue mardi.

L'opération d'"assainissement" de Brazzaville, lancée le 4 avril, a rapidement tourné à une vaste opération d'expulsion des "Zaïrois", en règle ou non, et des dizaines de milliers de ressortissants de RDC sont rentrés d'urgence, selon des ONG et des témoignages recueillis par l'AFP.

Deux hauts responsables des Nations unies, dont le chef de la Mission de l'ONU en RDC, Martin Kobler, avaient exigé fin mai que le Congo cesse "immédiatement les expulsions de ressortissants de la RDC" et qu'il enquête sur les allégations de violations des droits de l'Homme.

Brazzaville, qui a reconnu des dérapages et radié 17 policiers, avait toutefois jugé "grossières" ces déclarations.

Le Congo estime qu'environ 400.000 ressortissants de la RDC vivent encore au Congo, où la plupart exercent des métiers peu qualifiés.

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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