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Centrafrique: les autorités appellent

Le Premier ministre centrafricain André Nzapayéké a exhorté dimanche la population à reprendre le travail, s'engageant à "désarmer l'ensemble du territoire", tandis que la présidente de transition a dénoncé les manipulations "politiques" à l'origine des dernières violences.

Le calme était de retour dimanche à Bangui, capitale sous tension depuis la tuerie de l'église Notre Dame de Fatima au cours de laquelle 17 personnes ont péri mercredi. Vendredi, trois personnes ont été tuées par balle et plusieurs blessées au cours de marches rassemblant des milliers de Banguissois exigeant le désarmement du quartier PK-5, la dernière enclave musulmane de la capitale.

Se félicitant de "la sérénité retrouvée depuis deux jours" dans le pays, le Premier ministre a demandé "à la population de reprendre le travail demain 2 juin 2014", appelant "soldats, policiers, gendarmes" à "regagner leurs camps", dans une allocution diffusée à la radio.

Alors que les organisateurs des manifestations de vendredi menacent de redescendre dans la rue dans la semaine qui vient, le Premier ministre a souligné que "les manifestations non autorisées par le ministère de la sécurité publique" serait "considérées comme des manifestations irrégulières".

Le Premier ministre et la présidente de transition Catherine Samba Panza ont tous les deux voulu rassurer la population qui, traumatisée par la tuerie de mercredi, attribue volontiers sa paternité aux "groupes armés" musulmans.

"Nous voulons tous la paix dans ce pays et je suis d'accord avec vous pour le désarmement de l'ensemble du territoire national, a dit le Premier ministre en citant les 3e et 5 arrondissement où se situe le quartier du PK-5, l'enclave regroupant les quelques milliers de musulmans qui n'ont pas fui Bangui.

- Violences dues à des "agitateurs" -

Le gouvernement a même décidé de faire de "la journée de dimanche 8 juin 2014, une journée nationale de désarmement volontaire", a annoncé M. Nzapayéké.

"La volonté de désarmer est certaine", avait réaffirmé peu avant Mme Samba Panza lors d'une visite dimanche à l'Hôpital général au chevet des Banguissois blessés lors de l'attaque, qu'elle avait qualifiée vendredi de "terroriste", de l'église Notre-Dame de Fatima.

Mais, a-t-elle prévenu, "on ne désarmera pas dans le désordre. Il n'est pas question d'arriver, de boucler" le quartier PK-5, "de désarmer comme ça et de les laisser (les musulmans) à la merci de ceux qui voudraient venir les attaquer", a-t-elle dit.

La présidente a dit qu'elle avait eu des "entretiens" avec des représentants du PK-5 et que le désarmement se ferait avec l'armée française, la Misca et les forces centrafricaines. "Nous allons désarmer progressivement tout en assurant la protection de la population", a-t-elle assuré, sans donner de date.

La présidente a aussi jugé que la récente flambée de violences à Bangui était le fait "d'agitateurs" cherchant à "manipuler les jeunes" pour des raisons "purement politiques", sans donner de précisions sur l'identité de ces "agitateurs". "Des enquêtes sont en cours. Dès que nous aurons des faits avérés, je pourrai en parler de manière plus précise", a-t-elle dit.

Le Premier ministre qui a condamné dimanche "les manipulateurs qui sillonnent les rues pour corrompre (la population) avec de l'argent souillé par le sang" avait déjà attribué jeudi le regain de violences à "un complot planifié" par des "hommes politiques très proches du pouvoir", dont certains se trouveraient "autour" même de son propre cabinet et de celui de la présidente.

Dans une volonté de réconciliation, des responsables proches des groupes armés Séléka, majoritairement musulmans, et anti-balaka, majoritairement chrétiens, ont été intégrés à la présidence et à la primature en janvier.

Depuis la prise de pouvoir en mars 2013 du président Michel Djotodia, soutenu par la rébellion musulmane Séléka, la crise centrafricaine a pris un tour interconfessionnel au fil des exactions des rebelles contre la population, chrétienne à plus de 80%. Après l'intervention militaire française le 5 décembre, M. Djotodia et la Séléka ont été écartés du pouvoir début janvier.

Depuis, les musulmans de Bangui - comme ailleurs en Centrafrique -, accusés de connivence avec la Séléka, sont régulièrement victimes de violentes attaques des anti-balaka qui ont conduit la plupart d'entre eux à prendre la fuite.

AFP

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