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Les violences

La récente flambée de violences interconfessionnelles à Bangui, à nouveau calme dimanche, est le fait "d'agitateurs qui essayent de manipuler les jeunes pour des raisons purement politiques", a affirmé la présidente centrafricaine Catherine Samba Panza.

Elle s'est rendue dimanche matin à l'Hôpital général au chevet de Banguissois blessés lors de l'attaque, qu'elle avait qualifiée vendredi de "terroriste", de l'église Notre-Dame de Fatima, où 17 personnes ont péri mercredi.

"Je ne comprends pas la raison de toutes ces violences", a déclaré Mme Samba Panza, soulignant des "avancées notables" ces derniers mois dans la sécurisation du pays.

Selon elle, "ces avancées ne plaisent pas à tout le monde. Il y a des ambitions, avérées, cachées. Ce sont ces agitateurs qui en sous-main essayent de manipuler, d'instrumentaliser les jeunes pour des raisons purement politiques".

La présidente n'a pas donné de précisions sur l'identité de ces "agitateurs". "Des enquêtes sont en cours. Dès que nous aurons des faits avérés, je pourrai en parler de manière plus précise", a-t-elle dit.

Le Premier ministre centrafricain André Nzapayéké avait déjà attribué jeudi ce regain de violences à "un complot planifié" par des "hommes politiques très proches du pouvoir", dont certains se trouveraient "autour" même de son propre cabinet et de celui de la présidente, sans en dire plus.

Dans une volonté de réconciliation, des responsables proches des groupes armés Séléka, majoritairement musulmans, et anti-balaka, majoritairement chrétiens, ont été intégrés à la présidence et à la primature au moment de la constitution de ces cabinets, en janvier.

Bangui est sous tension depuis la tuerie de mercredi. Vendredi, trois personnes ont été tuées par balle et plusieurs blessées au cours de marches rassemblant des milliers de manifestants, qui exigeaient le désarmement du quartier PK-5, la dernière enclave musulmane de Bangui, et le départ des soldats burundais de la force de l'Union africaine (Misca), accusés d'avoir laissé se dérouler le drame de l'église.

Face à cette volonté de désarmer le PK-5, que des milliers de musulmans ont déjà fui pour échapper aux exactions des anti-balaka, une marche a été organisée samedi dans le quartier. Entre 200 et 300 musulmans ont clamé qu'ils refusaient tout désarmement, craignant d'être tués s'ils rendaient leurs armes.

"La volonté de désarmer est certaine", a réaffirmé Mme Samba Panza. Mais "on ne désarmera pas dans le désordre. Il n'est pas question d'arriver, de boucler" le quartier PK-5, "de désarmer comme ça et de les laisser (les musulmans) à la merci de ceux qui voudraient venir les attaquer".

La présidente a dit qu'elle avait eu des "entretiens" avec des représentants du PK-5 et que le désarmement se ferait avec l'armée française, la Misca et les forces centrafricaines. "Nous allons désarmer progressivement tout en assurant la protection de la population", a-t-elle assuré, sans donner de date.

Le calme régnait dimanche dans Bangui. Les nombreuses barricades érigées sur les principaux axes de la capitale ces derniers jours avaient disparu, permettant la reprise de la circulation après plusieurs jours de paralysie.

Depuis la prise de pouvoir en mars 2013 du président Michel Djotodia, soutenu par la rébellion musulmane Séléka, la crise centrafricaine a pris un tour interconfessionnel au fil des exactions des rebelles contre la population, chrétienne à plus de 80%. Après l'intervention militaire française le 5 décembre, M. Djotodia et la Séléka ont été écartés du pouvoir début janvier.

Depuis, les musulmans de Bangui - comme ailleurs en Centrafrique -, accusés de connivence avec la Séléka, sont régulièrement victimes de violentes attaques des anti-balaka qui ont conduit la plupart d'entre eux à prendre la fuite.

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