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Malawi: le juge chargé de trancher la crise post-électorale se récuse

La crise post-électorale au Malawi a connu un nouveau coup de théâtre jeudi avec le désistement du juge chargé de trancher entre le candidat donné vainqueur à la présidentielle du 20 mai et la commission électorale qui refuse d'annoncer les résultats.

Un nouveau juge a été cependant désigné, Kenyatt Nyirenda, qui a repris la main pour le compte de la Haute cour du Malawi.

Une décision est attendue au plus tard vendredi après-midi: la Haute cour doit dire si elle autorise la commission électorale à recompter tous les bulletins à la suite d'irrégularités.

Le juge Healy Potani, initialement saisi, a dû renoncer. Il a annoncé, "la mort dans l'âme", qu'il abandonnait pour ne pas prêter le flanc aux accusations de manque d'indépendance lancées contre lui en raison de ses liens familiaux. 

Le juge a effectivement un frère qui travaille au sein de la commission électorale comme adjoint à l'organisation des élections, et, au début de l'audience, l'avocat d'un des candidats avait objecté d'un possible "conflit d'intérêts".

"La justice ne doit pas seulement être rendue, mais on doit voir comment elle l'est", a déclaré Gustave Kaliwo, avocat et secrétaire général du parti de Lazarus Chakwera, arrivé deuxième du scrutin à un tour selon des résultats officieux.

Le nouveau juge désigné, Kenyatt Nyirenda, a aussitôt repris l'audience.

Les hommes de loi de l'ancien ministre des Affaires étrangères Peter Mutharika, arrivé en tête avec 36% selon les résultats officieux et qui veut forcer la commission électorale à annoncer les résultats, n'avaient pour leur part rien trouvé à redire.

Le camp Mutharika est impatient de voir la crise se régler et sa victoire confirmée officiellement.

Le scrutin connaît depuis le début d'énormes ratés dans l'organisation le jour du vote puis dans le dépouillement, qui ont tourné à l'imbroglio constitutionnel et juridique.

L'actuelle présidente Joyce Banda, que ses mesures d'austérité ont rendu impopulaire et qui est en passe de perdre le pouvoir, a tenté en vain de faire obstacle à la publication des résultats, dénonçant des fraudes, puis décrété en vain l'annulation du scrutin. La justice lui a donné tort mais elle pourrait faire appel.

La commission électorale a constaté des irrégularités dans une soixantaine de bureaux où les suffrages exprimés ont dépassé le nombre d'inscrits, et voudrait tout recompter avant d'annoncer les résultats pour mettre fin aux contestations.

AFP

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