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Mali: changement

Une semaine après une lourde défaite de l'armée face à la rébellion touareg, le ministre malien de la Défense Soumeylou Boubèye Maïga, figure de la vie politique à Bamako, a démissionné et a été remplacé mercredi par un officier de l'armée de l'air à la retraite, Ba N'Dao.

Soumeylou Boubèye Maïga est une figure de la vie politique du Mali où il a notamment été chef des services de renseignements, ministre des Affaires étrangères et ministre de la Défense au cours des vingt dernières années.

Personnalité jugée compétente, il est considéré comme proche du président Ibrahim Boubacar Keïta qui, à sa prise de fonction en septembre 2013,  l'avait nommé à ce poste sensible.

Il était chargé de superviser, avec le soutien de l'Union européenne (UE), la restructuration d'une armée laminée et humiliée début 2012 par une offensive de rebelles touareg du Nord, alliés à des groupes jihadistes, en partie  chassés depuis par une intervention militaire internationale lancée par la France en janvier 2013, toujours en cours.

Il a également procédé à un coup de balai au sein de l'armée qui a abouti à l'arrestation, l'inculpation et l'incarcération fin 2013 d'Amadou Haya Sanogo et de plusieurs de ses proches, auteurs du coup d'Etat de mars 2012 qui avait plongé le Mali dans le chaos. 

Sa démission a été annoncée dans la soirée de mardi par la présidence malienne, mais selon ses proches, c'est M. Boubèye Maïga lui même qui a pris l'initiative de proposer de partir "lorsqu'il a compris qu'on voulait faire porter le chapeau à la hiérarchie militaire" pour une nouvelle défaite récente de l'armée face aux groupes armés du Nord.

Dans la foulée, la présidence a annoncé qu'il était remplacé par le colonel-major de l'armée de l'air à la retraite, Ba N'Dao, ancien aide de camp du général Moussa Traoré qui avait pris le pouvoir par la force en 1968, puis chef d'état-major adjoint de l'aviation sous la présidence d'Alpha Oumar Konaré de 1992 à 2002.

M. N'Dao a été formé dans l'ex-Union soviétique et est diplômé de l'école de guerre de Paris

- Offensive ratée et meurtrière sur Kidal -

 

Ce changement à la tête du ministère de la Défense est survenu après la lourde défaite le 21 mai de l'armée malienne face à des groupes armés rebelles, dont le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA, rébellion touareg), à Kidal, dans le nord-est du Mali.

Cette offensive ratée sur Kidal avait suivi de premiers affrontements entre des soldats maliens et ces mêmes groupes armés à l'occasion de la visite dans cette ville du Premier ministre malien Moussa Mara le 17 mai.

Dimanche soir, Soumeylou Boubèye Maïga avait indiqué que les forces maliennes avaient enregistré dans leurs rangs "une cinquantaine de morts" et "48 blessés" lors de ces combats.

Il avait précédemment reconnu que des soldats avaient été faits prisonniers par les combattants rebelles, mais moins que ce que revendiquent ces groupes.

Selon le MNLA, 40 soldats maliens avaient été tués, 50 blessés et 70 faits prisonniers depuis le début des hostilités le 17 mai.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a de son côté indiqué lundi avoir rendu visite à 50 personnes détenues par deux groupes armés à Kidal, le Haut conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA) et le MNLA.

Le gouvernement malien et les groupes armés du Nord ont signé le 23 mai un accord de cessez-le-feu à la faveur d'une médiation conduite par le chef de l'Etat mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, président en exercice de l'Union africaine (UA).

En plus de la cessation des hostilités, effective depuis l'accord, ce dernier prévoit "la libération des prisonniers dans les meilleurs délais" et "la mise en place d'une commission internationale d'enquête".

Au Mali, une enquête a été ouverte mardi pour  "savoir ce qui s'est réellement passé" à Kidal, selon une source officielle malienne. Elle devra en particulier "déterminer la ou les personnes qui ont donné l'ordre aux militaires sur le terrain de déclencher les hostilités à Kidal".

Selon le ministre malien de la Communication, Mahamadou Camara, le président Keïta, chef des armées, "n'a pas donné l'ordre à l'armée d'attaquer les positions des groupes armées" qui restent maîtres de Kidal.

 

AFP

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