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Plongeon de l'économie sud-africaine au 1er trimestre

L'Afrique du Sud, pays le plus industrialisé du continent, a enregistré mardi une contraction de 0,6% de son PIB au premier trimestre, essentiellement à cause du conflit salarial qui paralyse ses principales mines de platine depuis janvier.

Ce recul trimestriel du produit intérieur brut, qualifié de "nouvelle choquante" par l'opposition, était attendu, du fait de l'effondrement de l'activité minière dans le platine, dont l'Afrique du Sud est premier producteur mondial. Mais il est pire que prévu. 

Il s'est accompagné d'une baisse trimestrielle significative de l'activité des industries manufacturières, selon l'agence statistique nationale Stats SA.

C'est la plus mauvaise performance depuis la récession de 2009 dans le sillage de la crise financière mondiale, et la possibilité d'une nouvelle récession, soit deux trimestres de croissance négative d'affilée, n'est plus à exclure, faute de voir se dessiner un accord avec le syndicat radical Amcu.

Amcu réclame des salaires de base portés à 12.500 rands (880 euros) d'ici quatre ans, la somme déjà revendiquée à Marikana (nord) en 2012 après la mort de 34 mineurs tués par la police.  

Selon la presse, le nouveau ministre des Mines Ngoako Ramathlodi aurait l'intention d'intervenir dans le conflit, mais son porte-parole Mahlodi Muofhe a seulement confirmé à l'AFP un grand cycle de consultations.

Le déclin de l'activité en Afrique du Sud ne s'explique pas que par le conflit des mines, a critiqué Alliance Démocratique (DA), formation libérale et premier parti d'opposition.

"Certes, la grève a un impact et le gouvernement n'a pas fait grand chose pour répondre à la situation dans la région productrice de platine. Mais les vraies causes (du marasme) sont liées aux incohérences choquantes de politique publique de la part de l'ANC de M. Zuma", selon la DA.

Pour la plupart des économistes, une fin de la grève des mines pourrait empêcher l'économie nationale de continuer sa dégringolade. 

"Une résolution de la grève du platine est impérative pour que s'améliore la croissance du PIB durant le reste de l'année 2014", soulignait mardi Nazmeera Moola, d'Investec Asset Management.

En rythme annuel, la croissance est tombée à 1,6% tandis que la banque centrale ne prévoit plus que 2,1% de croissance cette année, bien en dessous de l'activité nécessaire pour résorber le chômage élevé et donner de l'emploi à des jeunes de plus en plus nombreux.

"C'est triste à lire", commentait Razia Khan, de la Standard Chartered Bank. "Sans surprise, la faiblesse vient principalement de la forte chute de la production minière", a renchéri Nedbank, "mais la fragilité de l'économie est patente dans d'autres secteurs aussi".

Sur le marché des changes, la nouvelle a fait chuter le rand, la monnaie nationale, déjà très dépréciée: elle a perdu environ un quart de sa valeur face au dollar sous le premier mandat du président Jacob Zuma (2009-2014).

La contraction du PIB est le premier grand indicateur publié depuis la nomination par M. Zuma d'un nouveau pilote pour l'économie nationale, le ministre des Finances Nhlanhla Nene, ex-adjoint du sortant et premier Sud-Africain noir à ce poste. 

Jacob Zuma, investi samedi pour un second mandat, a promis des mesures socio-économiques radicales de pour transformer le pays, champion des inégalités.

Mais cette rhétorique volontariste a été contredite dès le lendemain par l'annonce d'un cabinet pléthorique, comportant une minorité de nouvelles têtes et reflétant plus une volonté de ménager un maximum d'alliés politiques qu'un vrai cap sur la transformation.

Rien n'est tranché entre d'un côté le Programme de développement national (NDP), document confirmant le virage libéral pris par l'ANC au pouvoir depuis les années Mandela, et de l'autre, la promotion des alliés syndicaux et communistes.

Rien n'a changé non plus dans les liens controversés avec le syndicat national des mineurs, le NUM, qu'Amcu a supplanté dans le platine en dénonçant sa complaisance avec le patronat: Senzeni Zokwana, le président du NUM, est depuis mardi ministre de l'Agriculture.

Pour M. Nene comme pour la banque centrale, la marge de manoeuvre avec une croissance aussi faiblarde s'annonce plus qu'étroite.

AFP

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