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Mali: deux villes du Nord aux mains des rebelles touareg, selon l'ONU

Deux villes du nord du Mali, Kidal et Menaka, ont été reprises par les rebelles touareg, selon l'ONU, des défaites humiliantes pour les autorités maliennes qui ont fait état jeudi d'une vingtaine de soldats tués.

"Les villes de Kidal et de Ménaka sont maintenant sous le contrôle du MNLA" (Mouvement national de libération de l'Azawad, rébellion touareg indépendantiste), a déclaré jeudi Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l'ONU.

"Des mouvements du MNLA ont également été rapportés à Anefis et Aguelhoc, entre autres" localités du Nord, a-t-il ajouté.

Les autorités maliennes ont reconnu avoir perdu Kidal, mais "Ménaka (660 km à l'est de Kidal) n'est pas tombée", a affirmé le ministre malien de la Défense Soumeylou Boubèye Maïga. "Et partout dans les autres secteurs, nos positions sont intactes: Tessalit, Aguelhoc, dans le secteur de Gao, Tombouctou...".

Selon lui, les combats de mercredi à Kidal ont fait une vingtaine de morts et une trentaine de blessés au sein de l'armée régulière.

Arrivé jeudi pour une visite de quelques heures à Bamako, le chef de l'Etat mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, président en exercice de l'Union africaine, a appelé au dialogue: "Nous allons continuer à surmonter les difficultés avec le dialogue".

De son côté, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a réitéré la disponibilité des autorités: "Nous avons toujours été ouverts au dialogue, à l'échange avec nos frères".

Sur la même longueur d'onde, Paris a jugé "essentiel que les hostilités cessent et que des pourparlers inclusifs démarrent".

Un avis partagé par l'ONU: "Ce qu'il faut maintenant, c'est un cessez-le-feu (...) revenir très vite à la situation antérieure" à la reprise des combats le 17 mai, a souligné le patron des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Hervé Ladsous.

Les combats ont éclaté le 17 mai à Kidal entre forces maliennes et groupes armés touareg, à l'occasion d'une visite du Premier ministre Moussa Mara. Environ 45 soldats français étaient présents mais leur rôle s'est borné à assurer la sécurité du Premier ministre malien.

- Un défi de taille - 

 

Kidal représente un défi de taille pour l'Etat malien: dans ce fief du MNLA, il n'a jamais réussi à complètement reprendre pied, malgré l'offensive lancée en 2013 par l'armée française qui a permis de libérer le nord du Mali de l'emprise de groupes islamistes.

Les dernières violences ont suscité à Bamako et dans plusieurs villes des réactions d'hostilité envers les soldats français et onusiens déployés dans le Nord, accusés de passivité vis-à-vis du MNLA et des indépendantistes touareg.

"Libérez Kidal!", "Minusma (force de l'Onu), à bas! La France, à bas!", "Minusma dégage!", a-t-on notamment entendu lors de manifestations à  Bamako, Gao, Goundam (nord), Niono (centre). Le lycée français de Bamako est resté fermé jeudi pour raisons de sécurité.

Les autorités ont multiplié les appels au calme et à la retenue: "La Minusma, la force Serval et les représentants de la communauté internationale (...) ne sont pas nos ennemis", ont-elles souligné.

Pour Bamako, des "groupes rebelles" touareg sont responsables de l'attaque, mais avaient reçu le soutien de "terroristes d'Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique) et (de) narcotrafiquants".

Des renforts français ont été envoyés à Gao et à Kidal (un peu moins de cent hommes), pour un total de 1.600 hommes dans l'ensemble du Mali.

Selon l'ONU, environ 3.400 habitants de Kidal "ont fui vers les zones rurales, l'Algérie et Gao"  (350 km au sud de Kidal) depuis le 17 mai.

 

AFP

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