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Niger: arrestation du fils et de deux proches du président du Parlement

Le fils du président du Parlement du Niger Hama Amadou, passé dans l'opposition, et deux de ses proches ont été arrêtés mercredi et sont actuellement gardés dans des locaux de la police, a-t-on appris de sources concordantes.

Ces interpellations semblent liées à l'attaque contre la maison d'un député de la majorité.

Soumana Sanda, ministre de la Santé de 2011 à 2013, a d'abord été arrêté mercredi matin, pour "de soi-disant +coups de feu chez le député Ben Omar+", un élu proche du régime, a affirmé Bakary Saïdou, un député du Mouvement démocratique nigérien (Moden), le parti que dirige Hama Amadou.

Puis Ismaël Hama Amadou, le fils aîné du président du Parlement, a été arrêté vers 11H00 locales (10H00 GMT), a annoncé la radio privée Anfani.

D'après la télévision privée Labari, l'interpellation s'est produite alors qu'Ismaël Hama Amadou tentait de rendre visite à Soumana Sanda, en compagnie d'autres militants du parti.

"Ismaël Hama Amadou a d'abord été molesté, puis il a été jeté à l'intérieur des locaux de la police", a confirmé sur Labari Ali Gaza Gaza, secrétaire général du Moden.

Labari, dans son journal du soir, a également relaté l'interpellation de Oumarou Dogari, un autre membre du bureau politique du Moden, une information reprise par d'autres médias.

La police a confirmé à l'AFP l'arrestation de Soumana Sanda, qui avait refusé le portefeuille de l'Enseignement supérieur que lui proposait le président Mahamadou Issoufou en août 2013, lorsque Hama Amadou avait rejoint l'opposition.

Mais elle n'a pu être jointe au sujet des deux nouveaux interpellés.

D'après un communiqué de la police lu à la télévision publique, trois hommes circulant à moto ont mitraillé dans la nuit de lundi à mardi la façade du domicile de Mohamed Ben Omar, quatrième vice-président du Parlement et membre de la coalition au pouvoir.

Les tirs n'ont fait aucune victime, assure la police.

 

- "Chasse aux sorcières" -

Trois autres députés du parti d'Hama Amadou ont été convoqués mardi par la police judiciaire, a déclaré la président du Parlement.

La note qui lui a été adressée par le directeur de la police judiciaire ne mentionne pas les raisons de cette convocation, a-t-il raconté.

D'après une source parlementaire, les trois députés ont refusé de répondre à cette convocation, qui selon d'autres élus est faite en "violation de la Constitution".

Mi-février, des hommes avaient tiré sur la résidence à Niamey d'Hama Amadou, absent au moment des faits, sans faire de victimes. Le parquet avait ouvert une enquête, dont les conclusions ne sont pas encore connues.

"L'enchaînement des différents évènements s'inscrit dans la droite ligne de l'exécution d'un plan funeste consistant à étouffer la démocratie et l'état de droit en neutralisant l'opposition politique", ont réagi dans un communiqué une trentaine de députés d'opposition, qui exigent "la libération des citoyens arbitrairement arrêtés".

Ali Gaza Gaza a de son côté dénoncé "une chasse aux sorcières dans les rangs du Moden" dont l'objectif est de "mettre fin à l'existence du parti".

"De façon générale, le régime veut procéder au démantèlement des partis politiques" d'opposition, s'est-il emporté.

Le climat politique est très tendu entre le régime et l'opposition à deux ans de la présidentielle de 2016.

Un juriste, Boubacar Hassane, accusé d'avoir "jeté le discrédit" sur la Cour constitutionnelle pour avoir critiqué l'un de ses arrêts, a été écroué lundi. La Cour avait accusé Hama Amadou, passé à l'opposition, de "violer la Constitution" en "bloquant" des travaux au Parlement.

Selon ses partisans, M. Amadou sera l'un des principaux concurrents du président Issoufou à l'élection de 2016.

Une dizaine de personnes, pour la plupart journalistes, militants ou opposants, avaient déjà été arrêtées puis relâchées en début d'année pour des délits d'opinion.

AFP

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