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Mali: après les violences de Kidal, l'ONU appelle au calme et

Le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé mardi à la désescalade dans le nord du Mali et à la reprise de négociations entre le gouvernement et la rébellion touareg, après les violences à Kidal qui ont poussé quelques centaines de civils à fuir.

Dans une déclaration unanime, les 15 membres du Conseil ont condamné ces violences et ont "appelé toutes les parties à agir avec retenue et à s'abstenir de toute nouvelle violence pouvant menacer les civils".

Tout en réaffirmant leur soutien à la restauration de l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire y compris Kidal, ils ont estimé que "seul un processus de négociation crédible et sans exclusive pouvait amener paix et stabilité durables" dans le pays.

Ils ont demandé "la reprise le plus vite possible du cantonnement" des groupes armés et de "négociations de paix sincères" entre Bamako et ces groupes.

Au cours d'une session du Conseil mardi, le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop avait demandé un renforcement du mandat de la Minusma, la mission de l'ONU au Mali, et le désarmement de la rébellion touareg.

Evoquant le renouvellement du mandat de la Minusma, M. Diop a réclamé "un mandat beaucoup plus robuste (..), à même de faire face aux menaces sur le terrain, et le désarmement de tous les groupes armés, particulièrement le MNLA" (Mouvement national de libération de l'Azawad, rébellion touareg).

"La collusion entre des partenaires du processus de paix et des terroristes est clairement établie et doit être condamnée par votre Conseil", a-t-il affirmé, expliquant que "des fanions de l'Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique) et (du mouvement islamique) Ansardine flottaient sur les véhicules des agresseurs, à côté de ceux du MNLA".

"L'agression survenue à Kidal ne peut demeurer impunie", a poursuivi M. Diop, demandant "qu'une Commission internationale soit constituée pour vérifier les faits afin que les responsables soient traduits devant les juridictions nationales et internationales".

Selon Bamako, 36 personnes dont des responsables locaux et huit militaires ont été tués lors des combats qui se sont déroulés samedi alors que le Premier ministre Moussa Mara était en visite dans cette ville de l'extrême nord-est du pays. Deux Casques bleus et 20 policiers de l'ONU ont aussi été blessés. Une trentaine de fonctionnaires avaient ensuite été enlevés par le MNLA. Libérés lundi après des négociations avec la Minusma, ces 32 fonctionnaires ont été accueillis mardi à Bamako.

Vous revenez d'un enfer. (...) Au nom de la Nation malienne, je vous souhaite la bienvenue" dans la capitale, leur a déclaré le président malien Ibrahim Boubacar Keïta à l'aéroport selon des images diffusées par la télévision publique malienne ORTM.

Les violences ont poussé "quelques centaines" de civils à fuir la ville ces dernières 48 heures, "pour des campements situés dans le désert", a de son côté affirmé mardi à l'AFP une source militaire de la Minusma jointe sur place.

"Kidal a toujours été et demeurera partie intégrante de la République du Mali, il n'y a aucune raison que les plus hautes autorités ne puissent s'y rendre", a martelé le ministre Diop, qui s'exprimait en vidéo-conférence depuis Bamako.

Le représentant spécial de l'ONU au Mali, Bert Koenders, qui participait à cette vidéo-conférence à ses côtés, avait auparavant estimé que "la priorité aujourd'hui est la relance du processus politique".

A l'issue de consultations entre les membres du Conseil, l'ambassadeur français Gérard Araud a souligné qu'il revenait au gouvernement malien de désarmer les groupes armés, et pas à la Minusma. "Ce que peuvent faire les forces française c'est soutenir le gouvernement malien", a-t-il ajouté.

La France a ainsi annoncé mardi qu'elle reportait de "quelques semaines" le redéploiement prévu de son dispositif militaire au Sahel, prolongeant d'autant l'opération Serval au Mali.

AFP

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