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Un hélicoptère de Serval escortant un convoi militaire à Kidal / REUTERS
Un hélicoptère de Serval escortant un convoi militaire à Kidal / REUTERS

Les violences de Kidal montrent que rien n'est réglé au Mali

Et le pouvoir d'Ibrahim Boubakar Keita joue les équilibristes entre fermeté et dialogue face aux Touaregs du MNLA.

A Kidal, c’est dans un climat de paix fragile que vit la population depuis les combats qui ont opposé, ce week-end, des combattants du MNLA aux soldats de l’armée malienne. C’est un climat relativement calme mais tendu dans lequel la moindre peccadille peut provoquer l’embrasement de toute la région. A Bamako même, c’est la colère et la volonté d’en finir avec les Touaregs qui animent les Maliens dans leur ensemble, à telle enseigne que plus personne ne veut encore entendre parler de paix avec le Nord.

D’ailleurs, sous la pression et la colère de la rue, Bamako a immédiatement mis ses forces de défense en alerte, et une colonne de véhicules militaires était déjà en route pour Kidal. C’est un climat de pré-guerre qui prévaut en ce moment, malgré la mobilisation tous azimuts de la Cédéao, de la France et des Nations unies, pour éviter que le langage des armes reprenne le dessus sur le dialogue.

Rien en ce moment ne permet vraiment de dire que cette paix fragile saura résister à l’esprit de vengeance qui s’est emparé de la population et même d’une partie des chefs de l’armée malienne. Mais le MNLA, en choisissant d’assassiner froidement des autorités administratives, pouvait-il s’attendre à une réaction autre que celle-là? Il faut le reconnaître, le MNLA a posé l’acte de trop. Celui-là qu’il n’aurait jamais fallu poser. On peut d’ailleurs se demander si les éléments du MNLA ont vraiment réfléchi à toutes les conséquences de leur décision de rouvrir les hostilités. En tout cas, Bamako reçoit ce message comme étant une déclaration de guerre et promet d’y apporter la réplique qui sied.

Le Premier ministre, dès son retour de Kidal, n’était d’ailleurs pas passé par quatre chemins pour le dire:

«Le Mali est en guerre et nous allons nous battre contre nos ennemis.»

Et le lundi, le président Ibrahim Boubakar Kéita est lui-même monté au créneau pour réaffirmer que «le Mali est un et indivisible et qu’il ne sera pas question de céder la moindre parcelle du territoire national».

Dans ce discours, deux éléments retiennent l’attention.

D’abord le ton et la rhétorique de guerre volontairement choisis, en même temps que la place que IBK laisse au dialogue. Une fermeté qui ne ferme pas la porte à la négociation.

«Nous irons au dialogue, car le salut passe impérativement par là».

Une façon très habile de manier la carotte et le bâton, car au moment même où le président malien proclamait sa volonté de régler le problème du Nord par la voie pacifique, des chars de combats étaient en route pour Kidal. Une fermeté qui semble avoir d’ailleurs commencé à porter ses fruits car le MNLA s’est empressé de libérer les otages qu’il détenait dans l’espoir sans doute que cela contribue à apaiser la situation.

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Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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