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Soudan du Sud - Alerte aux voleurs d'enfants et de bétail

«Je préparais le dîner pour ma famille. J'étais seule avec mes enfants, qui ont tous moins de 12 ans. Leur père vit à Juba [la capitale du Soudan du Sud]. J’ai fait asseoir mon enfant de deux ans sur le sol, mais dès que j'ai tourné le dos, un homme l’a attrapé et a tenté de s'enfuir avec lui.»

Maria Lokolong, originaire de Torit, une ville de l’Etat d'Equatoria oriental, raconte l’histoire comme s’il s’agissait d’une mauvaise blague. Il s’agit pourtant d’une tentative de rapt. Dans nombre de villages du Soudan du Sud, cet Etat africain nouvellement indépendant, les kidnappings se multiplient de plus en plus, révèle l’agence d’information IPS. Les enfants sont enlevés la nuit dans leurs maisons et ne revoient plus jamais leurs familles.

«Cela est particulièrement fréquent dans l'Etat d'Equatoria oriental. Dans la soirée, lorsque les femmes préparent le dîner, il est très probable qu’un intrus attaque à ce moment. Souvent, ils préfèrent les bébés», indique Naomi Bona, une membre de l’Union des femmes soudanaises, une organisation de défense des droits des femmes.

IPS explique que, en général, ces enfants sont enlevés lors des vols de bétail, très fréquents dans la région. Des affrontements interethniques pour le bétail ont longtemps prévalu au Soudan du Sud. En effet, être propriétaire de bovins est un signe de richesse. Mais durant ces vols, des femmes sont violées et des enfants sont enlevés. Et les enfants kidnappés sont utilisés ensuite comme soldats par leurs ravisseurs dans des batailles autour du bétail entre les ethnies rivales.

Selon IPS, le gouvernement nie la situation. Une députée du parti au pouvoir a affirmé que le pays ne connaissait plus de conflits liés au vol de bétail et donc que le phénomène des rapts d’enfants était en voie de disparition. Pourtant selon l'ONU, depuis janvier 2011, il y a eu plus de 330 incidents violents à travers le Soudan du Sud. Ce qui a entraîné la mort d'au moins 3.000 personnes.

Lu sur IPS