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RDC: poursuites judiciaires contre un cadre du premier parti d'opposition

Un dirigeant régional du principal parti d'opposition en République démocratique du Congo, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), a été déféré à la justice vendredi, plus de quatre mois après son arrestation, a-t-on appris samedi de source officielle.

Président fédéral de l'UDPS au Kasaï-Oriental, Bruno Kabatshi avait été arrêté le 2 janvier à Mbuji-Mayi, capitale de cette province du centre du pays.

Vendredi, il a été mis "à la disposition de son juge naturel", c'est-à-dire devant un tribunal de Mbuji-Mayi, ville où ont été commis les faits qui lui sont reprochés, a indiqué à l'AFP un haut responsable congolais sous le couvert de l'anonymat.

M. Kabatshi avait été arrêté à la suite d'un débat télévisé avec un membre du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), le parti du président de la République, Joseph Kabila.

Les autorités lui reprochent d'avoir manqué de respect au chef de l'Etat, d'avoir "incité la population à la haine" et les forces de l'ordre à la désobéissance, a indiqué le haut responsable congolais.

Interrogé par l'AFP, Samy Badibanga, chef du groupe UDPS à l'Assemblé nationale, a contesté les fait reprochés à M. Kabatshi, estimant que les poursuites contre lui relevaient "d'une atteinte à la liberté d'expression".

M. Kabatshi, a-t-il dit, a participé "à une émission tout à fait normale dans laquelle il a donné son point de vue sur les élections de 2011", qui ont permis au président Kabila, au pouvoir depuis 2001 de se maintenir à son poste pour un nouveau mandat de 5 ans.

"Chacun peut donner son avis sur ce qui s'est passé en 2011" sans être inquiété, a ajouté M. Badibanga.

Pour l'opposition congolaise et la communauté internationale, la présidentielle et les législatives de 2011 ont été marquées par des irrégularités massives. Rejetant les résultats officiels l'ayant placé en deuxième position derrière M. Kabila, le président de l'UDPS, Etienne Tshisekedi, aujourd'hui âgé de 82 ans, estime depuis lors être le "président élu" de la RDC.

Conduit à Kinshasa après son arrestation, M. Kabatshi avait été détenu par l'Agence nationale du renseignement (ANR) puis emprisonné au centre pénitentiaire de Makala, la grande prison de la capitale congolaise, jusqu'à son transfèrement à Mbuji-Mayi vendredi.

AFP

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