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Angola: bataille d'influence entre la Chine et les Etats-Unis

Deuxième producteur de pétrole d'Afrique et pays en forte croissance, l'Angola est au centre d'une lutte d'influence entre la Chine et les Etats-Unis, qui lorgnent tous deux sur un continent en plein essor, riche en ressources naturelles.

Pour preuve, les visites à la suite de dirigeants des deux puissances. Jeudi, la capitale angolaise Luanda doit accueillir le Premier ministre chinois Li Keqiang pour une visite officielle de 48 heures, trois jours seulement après la venue du chef de la diplomatie américaine, John Kerry.

"L'intention de Barack Obama comme de la Chine est de diversifier les échanges avec l'Angola afin d'approfondir la coopération avec le pays et, plus largement, avec l'Afrique", souligne Vicente Pinto de Andrade, professeur d'économie à l'université catholique angolaise.

Pour le moment, la compétition entre les deux puissances tourne à l'avantage de Pékin. La Chine achète près de 40% du brut angolais, quand l'Angola est son premier terrain d'investissement en Afrique.

Depuis la fin de la guerre civile en Angola en 2002, la Chine aurait accordé près de 14,5 milliards de dollars de crédits à Luanda et les échanges commerciaux bilatéraux en 2012 ont atteint 37,5 milliards de dollars, selon les derniers chiffres communiqués par son ambassade en Angola.

Résultat: Pékin a rendu possible la reconstruction éclair de l'Angola, en réalisant, entre autres, des centaines de kilomètres de routes, des aéroports, un stade de football pour la Coupe d'Afrique des nations de 2008 et des villes nouvelles. Plus de 300.000 ouvriers chinois seraient présents dans le pays.

"A l'époque, ni les Américains, ni les Européens n'ont voulu nous aider. Seule la Chine a répondu à notre appel et elle l'a fait avec force", rappelle José Carlos Gomes, le président de la société du Chemin de fer de Benguela, dont les 1.344 kilomètres de voies ont été rénovés par le groupe chinois CR-20.

Les Etats-Unis, aujourd'hui deuxième partenaire commercial de l'Angola devant le Portugal, le Brésil et l'Afrique du Sud, sont bien décidés à faire oublier cette absence. Ils présentent désormais Luanda comme un allié de premier plan sur le continent, jouant un rôle clef dans la résolution des conflits.

- Diversification des activités -

 

"Avec le président dos Santos, nous avons parlé des possibilités croissantes de coopération dans le domaine de l'agriculture, des technologies, de l'énergie et des infrastructures", a détaillé le secrétaire d'Etat américain John Kerry lundi, à l'issue de sa visite en Angola.

Cette diversification des activités est indispensable si les Etats-Unis veulent conserver leur volume d'échanges actuel avec l'Angola. Washington, qui s'est lancé dans la production de pétrole de schiste sur son territoire, a en effet de moins en moins besoin d'importer de l'or noir angolais.

"Ce qui attire les grandes puissances, c'est le potentiel de croissance de l'Afrique dans son ensemble. A l'Afrique maintenant d'élaborer une stratégie lui permettant de tirer bénéfice des multiples partenaires qui se présentent", note l'économiste Vicente Pinto de Andrade.

"Dans le cas de l'Angola, le gouvernement devrait faire en sorte de diversifier au maximum les acteurs étrangers mais aussi d'encourager les acteurs privés nationaux, l'Etat ne pouvant pas être le seul moteur d'investissement dans le pays", remarque-t-il.

Pour Luanda, la bataille entre Pékin et Washington est un moyen de limiter sa dépendance envers l'une ou l'autre puissance tout en forçant les deux grands à soutenir sa politique de diversification de l'économie.

Elle permet aussi à l'Angola, qui devrait afficher un taux de croissance de 5% en 2014 et 2015 selon le Fonds monétaire international, de continuer à attirer de nouveaux partenaires, dont l'Inde, l'Espagne ou encore ses voisins africains.

D'après plusieurs observateurs, cette rivalité pourrait enfin permettre de répondre aux nombreuses critiques que suscitent l'omniprésence chinoise, notamment sur l'opacité des contrats, la mauvaise qualité des travaux réalisés ou encore la faiblesse de la formation des Angolais.

AFP

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