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Une jeune Sud-Africaine de 20 ans, près de Durban / REUTERS
Une jeune Sud-Africaine de 20 ans, près de Durban / REUTERS

Les born frees et leur baptême du feu déjà raté

Ces jeunes Sud-Africains qui n'ont pas connu l'apartheid sont censés voter pour la première fois le 7 mai. Mais plus d'un million d'entre eux ont refusé de le faire.

Ils sont, sans doute, les plus critiques à l’égard du gouvernement et des cadres de l’ANC. En Afrique du Sud, ceux que l’on appelle «born frees», ces jeunes nés avec la fin de l’apartheid, sont ceux qui souffrent le plus du chômage et des inégalités sociales. Selon des indications de la confédération syndicale Cosatu, plus de la moitié des jeunes de 18 à 25 ans sont sans emploi (entre 41 et 59%).

Les élections générales du 7 mai constituent leur première expérience démocratique. Et l’un des principaux enjeux du scrutin est de savoir vers qui vont aller leurs voix.

Contrairement à leurs parents ou grands-parents, les born frees n’ont pas connu l’apartheid et n’ont donc pas le même lien affectif avec l’ANC. Si aucun d’entre eux n’ignore ce qu’il s’est passé dans leur pays avant leur naissance, ce qui semble compter pour eux c’est d’être clairvoyants sur la réalité socioéconomique.

«Nous savons ce que l’apartheid a été, et nous avons beaucoup de respect pour cette partie de l’histoire de notre pays. Mais nous ne sommes pas si attachés que cela au passé», expliquait, en décembre dernier au New Yorker, une adolescente de 16 ans.

Autant dire que cela leur donne une liberté supplémentaire de critiquer sans ménagement l’African National Congress et Jacob Zuma, qui peinent à transformer économiquement le pays.

Dans ce contexte, ils sont nombreux à répondre avec enthousiasme aux sirènes du tonitruant Julius Malema, très influent auprès des jeunes avec son mouvement des Combattants pour la liberté économique. Dans le même temps, ils sont près d’un million à ne s’être pas faits inscrire sur les listes électorales. Autre signe de leur déception.

En effet, selon un sondage de l’institut Ipsos de Johannesburg, un tiers des born frees ne considère pas le scrutin du 7 mai comme un enjeu essentiel.

«Je ne voterai pas, parce que je ne me reconnais dans aucune des propositions des différents formations politiques en compétition», explique une born free à la South African Broadcasting Corporation. Ces propos rejoignent d’ailleurs ceux confiés par deux jeunes de 18 et 19 ans au site sud-africain The Citizen: «Ces élections ne veulent rien dire pour nous.»

Raoul Mbog

Raoul Mbog

Raoul Mbog est journaliste à Slate Afrique. Il s'intéresse principalement aux thématiques liées aux mutations sociales et culturelles et aux questions d'identité et de genre en Afrique.

 

 

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