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Centrafrique: les violences font une centaine de morts en 10 jours

Une centaine de personnes, essentiellement des civils, ont été tuées ces dix derniers jours dans des localités de Centrafrique, où la population est livrée aux exactions de groupes armées.

De source militaire africaine lundi, près de 30 personnes ont été tuées et une dizaine ont été blessées dans des affrontements en cours depuis jeudi aux alentours de la localité de Mala (centre) entre combattants de l'ex-rébellion Séléka et des miliciens anti-balaka.

A ce lourd bilan vient s'ajouter celui des régions du nord-ouest: au moins 75 personnes ont péri dans les attaques de plusieurs villages depuis une dizaine de jours dans cette région du pays, attribuées à l'ex-rébellion Séléka et à des Peuls armés, a indiqué lundi une autre source militaire africaine.

Un premier bilan avait état samedi d'une vingtaine de morts dans les environs de Markounda, auxquels sont venus s'ajouter 55 tués près de Paoua, à une cinquantaine de kilomètres, a déclaré lundi à l'AFP un officier de la force africaine en Centrafrique (Misca) sous couvert d'anonymat.

Les forces africaine Misca et française Sangaris ne sont pas déployées dans ces zones.

Le bilan est toujours provisoire, selon cet officier.

Des "hommes armés ont tué au moins 20 personnes près de Markounda et 55 autres vers Paoua", a-t-il affirmé.

"Ces tueries ont été perpétrées sur plusieurs jours dans des villages" de la zone "par des hommes armés assimilés aux ex-Séléka et à des Peuls armés", a ajouté le militaire.

"Ceux-ci ont attaqué près de 10 villages autour de Markounda entre mercredi et vendredi. Ils ont également attaqué plus de 40 villages près de Paoua, à la frontière tchadienne", depuis une dizaine de jours, toujours selon la même source.

Une source religieuse à Paoua, jointe au téléphone par l'AFP, a confirmé ces tueries. "C'est un bilan qui pourrait s'alourdir. Les atrocités commises par ces hommes armés sont indescriptibles", a-t-elle affirmé sous couvert d'anonymat.

Les combattants de l'ex-rébellion Séléka, qui avaient pris le pouvoir en mars 2013, ont été mis en déroute après le départ forcé de leur chef, Michel Djotodia, de la présidence centrafricaine en janvier 2014.

Chassés de Bangui, livrés à eux-mêmes, ils sont désormais régulièrement accusés de graves exactions en province.

Face à eux, les milices majoritairement chrétiennes anti-balaka sont également régulièrement accusées d'exactions contre les populations musulmanes, accusées de connivence avec l'ex-rébellion. 

"Quand ils attaquent un village, ils défoncent les portes, tirent sur les occupants et mettent le feu. Certaines personnes blessées et sans secours périssent ainsi brûlées vives, tandis que des corps des personnes déjà mortes sont aussi calcinés", avait expliqué samedi à l'AFP par téléphone Isaac Yétina, un habitant de Markounda en fuite, affirmant avoir vu les assaillant "jeter des enfants vivants dans le feu".

 

- Régions hors de contrôle et ONG ciblées -

 

Depuis plusieurs semaines, les régions centre et nord-ouest de la Centrafrique ont été le théatre de nombreuses attaques contre des villages mais également, la semaine dernière, contre un hôpital géré par l'ONG Médecins sans frontières (MSF).

"MSF a décidé de limiter, en signe de protestation et pendant une semaine, ses activités médicales en RCA et dans les pays limitrophes au seul maintien de ses services d'urgence", a indiqué lundi l'ONG, qui critique le manque de réactivité du gouvernement de transition et de la Présidente Catherine Samba Panza. 

MSF se dit "consternée que le gouvernement de transition de la RCA et les représentants des groupes armés n'aient pas largement et fermement condamné le massacre de Boguila" et les exactions commises quotidiennement dans le reste du pays, leur rôle étant de "prendre position face à de tels actes".

Quelques jours après l'attaque de l'hôpital de MSF, trois personnes accompagnant un convoi de l'ONG Aide médicale internationale (AMI) ont été tuées à Ndélé, alimentant des craintes des ONG, a l'encontre desquelles les violences ne cessent de croître. 

Dans l'attente du déploiement en septembre des 12.000 Casques bleus promis par l'ONU pour pacifier le pays, les forces française Sangaris et africaine Misca peinent à contrôler ces zones de non-droit. 

 

 

AFP

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