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RDC: acquittements des militaires dans le procès des viols de Minova

La justice militaire congolaise a acquitté lundi la quasi-totalité des soldats accusés de viols massifs commis en novembre 2012 à Minova, dans l'Est de la République démocratique du Congo.

Dans ce procès très suivi par la société civile congolaise et la communauté internationale, la cour militaire du Nord-Kivu n'a prononcé que deux condamnations pour viol, selon un journaliste de l'AFP ayant assisté à la lecture du verdict : contre un lieutenant-colonel, condamné à perpétuité, et un caporal, condamné à dix ans d'emprisonnement.

Un sous-officier a été condamné à perpétuité pour meurtre. Il était également poursuivi pour viol mais a été acquitté de ce chef d'accusation.

Vingt-deux autres sous-officiers ou soldats ont été acquittés des accusations de viols portées contre eux, mais condamnés à des peines de 10 ans ou 20 ans de prison pour "violation des consignes, pillages et dissipation de munitions".

Treize officiers poursuivis pour manquement à leurs devoirs ont été acquittés, et la cour a indiqué ne pas être en mesure de juger un autre accusé.

Au total, 39 membres de l'armée congolaise étaient poursuivis dans ce procès qui s'était ouvert en novembre à Goma, la capitale du Nord-Kivu.

Les faits jugés remontent à la fin du mois de novembre 2012 après la prise de Goma par les rebelles du Mouvement du 23 Mars (M23), finalement vaincus au début de novembre 2013 par les forces régulières.

Les soldats du 391e bataillon de commandos, formés par les Etats-Unis à Kisangani (nord-est de la RDC), ont été accusés, dans leur fuite, d'avoir commis des atrocités à Minova et ses alentours, dans la province du Sud-Kivu.

Un rapport de la Mission de l'ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco) consacré à ces évènements a dénombré "135 cas de violence sexuelle, ainsi que d'autres violations graves des droits de l'homme, dont des meurtres et des pillages massifs [...] perpétrés par des militaires" du 20 au 30 novembre 2012.

Avocat du collectif des victimes, Me Jean-Claude Zozo a dit à l'AFP qu'il était "navré" par cette décision de la justice. "Pour la cour, il n'y a pas eu de viols à Minova", a-t-il déploré.

 

AFP

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