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Soudan du Sud: poursuite des combats pour la localité-clé de Bentiu

Des combats se poursuivaient lundi à Bentiu (nord-est), capitale de l'Etat pétrolifère d'Unité que l'armée sud-soudanaise tente de reprendre depuis la veille aux rebelles de l'ancien vice-président Riek Machar, malgré des pourparlers à Addis Abeba pour mettre fin au conflit au Soudan du Sud.

"Nous combattons dans et autour de Bentiu pour en reprendre le contrôle", a déclaré à l'AFP le colonel Philip Aguer, porte-parole de l'armée sud-soudanaise. "Ils (les rebelles) résistent mais nous avons le dessus".

L'armée sud-soudanaise avait annoncé être entrée dimanche dans Bentiu, et un témoin sur place avait indiqué qu'elle semblait en avoir le contrôle.

Les troupes rebelles menées par Riek Machar, limogé en juillet 2013 par le président Salva Kiir, s'étaient emparés mi-avril de Bentiu, qui a changé plusieurs fois de mains depuis le début du conflit, déclenché mi-décembre entre troupes fidèles au président Kiir et celles loyales à M. Machar, sur fond de rivalité entre les deux hommes au sommet du régime sud-soudanais.

A cette rivalité politique se greffent de vieux antagonismes entre peuples dinka et nuer dont sont respectivement issus MM. Kiir et Machar, et les combats s'accompagnent de massacres et d'exactions contre les civils sur des critères ethniques, imputables aux deux camps.

Les rebelles ont été accusés d'avoir sélectionné sur leur appartenance ethnique et massacré des centaines de civils lorsqu'ils ont pris Bentiu.

Dimanche, l'armée sud-soudanaise s'est emparée de la localité de Nasir, le quartier-général des rebelles situé près de la frontière éthiopienne, dans le cadre d'une offensive lancée samedi, au lendemain d'une visite au Soudan du Sud du secrétaire d'Etat américain John Kerry, durant laquelle M. Kiir s'était dit prêt à des pourparlers directs avec M. Machar à Addis Abeba.

Ce dernier qui s'était entretenu par téléphone avec M. Kerry, s'était dit "ouvert" à une telle rencontre, selon des diplomates américains.

Malgré les combats, les autorités sud-soudanaises ont répété lundi être attachées aux pourparlers de paix en cours à Addis Abeba destinés à trouver une solution politique durable au conflit au Soudan du Sud, qui jusqu'ici n'ont péniblement accouché le 23 janvier que d'un cessez-le-feu, jamais respecté.

Les négociations, déjà suspendues deux fois faute d'avancées, ont repris le 28 avril, mais n'ont jusqu'ici pas progressé. 

 

    - Machar "en fuite" -

 

"Bien sûr, le président (Kiir) continue de vouloir rencontrer face-à-face le chef rebelle (Riek Machar) afin qu'ils s'assoient ensemble et ramènent la paix dans le pays", a déclaré lundi à l'AFP le porte-parole du ministère sud-soudanais des Affaires étrangères, Mayen Makol. "Les gens travaillent pour faire en sorte que ce soit le plus vite possible", a-t-il ajouté, précisant qu'aucune date n'avait été fixée dans l'immédiat.

Selon l'armée sud-soudanaise, M. Machar est désormais terré en brousse, après avoir dû fuir Nasir.

"Nous contrôlons Nasir et tout est calme là-bas, les forces de Machar sont en fuite", a affirmé M. Aguer lundi à l'AFP, "nous pensons qu'il (Machar) se cache quelque part près de la frontière avec l'Ethiopie".

Le camp de M. Machar n'a pu être contacté depuis samedi.

Durant sa visite vendredi au Soudan du Sud, M. Kerry - qui poursuivait lundi en Angola sa tournée africaine - avait agité la menace de sanctions ciblées - saisies d'actifs et interdictions de visa - contre MM. Kiir et Machar.

Le président américain Barack Obama a récemment signé un décret autorisant de telles sanctions contre quiconque menacerait la paix au Soudan du Sud, plus jeune nation du monde, indépendante depuis juillet 2011 seulement, à l'issue de plus de deux décennies de conflit entre 1983 et 2005 entre Khartoum et une rébellion sudiste, dont MM. Kiir et Machar étaient de hauts dirigeants.

Washington fut le soutien indéfectible de cette rébellion, désormais au pouvoir à Juba, et le parrain de l'indépendance du Soudan du Sud.

Des milliers de personnes ont déjà péri - peut-être des dizaines de milliers, mais aucun bilan précis n'est disponible -, et plus d'un million de Sud-Soudanais ont été chassé de chez eux par les combats et les massacres. Huit bases de l'ONU abritent, dans des conditions épouvantables, plus de 78.000 civils craignant d'être massacrés en raison de leur appartenance ethniques et trop terrifiés pour sortir.

M. Kerry et l'ONU se sont alarmés fin avril des risques de génocide et de famine pesant sur le Soudan du Sud.

 

AFP

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