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Filles enlevées au Nigeria: les mères vont maintenir la "pression"

Des mères nigérianes rassemblées samedi à Lagos ont annoncé samedi la poursuite de leurs manifestations pour faire "pression" sur les autorités pour obtenir la libération des 223 lycéennes toujours retenues par les islamistes armés du groupe Boko Haram. 

La police nigériane, sous le feu des critiques des parents des jeunes filles enlevées, a indiqué vendredi que des membres de Boko Haram détenaient toujours 223 filles sur les 276 initialement enlevées le 14 avril dernier dans le dortoir de leur école à Chibok, dans le nord-est du pays.

"Nous les femmes, nous allons maintenir notre mouvement (de marche de protestations). Nous devons maintenir notre message et la pression sur les autorités militaires et politiques pour qu'elles fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour s'assurer que ces filles soient libérées", a déclaré à l'AFP une des organisatrices de la marche à Lagos, Hadiza Bala Usman.

Elle a ajouté que des femmes et des mères vont défiler mardi jusqu'aux bureaux du ministre de la Défense et du chef de l'Etat-major "pour leur demander ce qu'ils sont en train de faire pour obtenir la libération de nos filles".

Depuis leur manifestation devant l'Assemblée nationale mercredi à Abuja, des dizaines de femmes organisent des sit-in quotidiens de quatre heures devant la fontaine de l'Unité à Abuja pendant lesquels "nous planifions notre stratégie", a-t-elle ajouté.

"Nous estimons qu'il n'y a eu que peu ou pas d'efforts faits jusqu'à présent par les militaires et le gouvernement pour sauver ces filles qui ont été enlevées et qui sont quelque part dans d'obscures forêts", a-elle dit.

Des hommes armés, considérés comme des membres de Boko Haram, avaient attaqué un lycée dans le nord-est du Nigeria il y a presque trois semaines, enlevant les jeunes filles dans leur dortoir et les forçant à monter dans des camions pour les emmener dans la brousse, après une fusillade avec des soldats.

- Appel aux Nations unies -

 

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a promis samedi que les Etats-Unis feront "tout ce qui est possible pour aider le gouvernement du Nigeria à ramener ces jeunes filles dans leurs foyers et traduire les auteurs en justice. C'est notre responsabilité et la responsabilité du monde".

Le 1er mai, des centaines de parents des lycéennes enlevées, désespérés, s'étaient rassemblés pour une marche de protestation à Chibok, la ville où le rapt a eu lieu, appelant à l'aide le gouvernement et la communauté internationale.

Les mères et les pères, dont beaucoup, habillés de rouge, brandissaient des pancartes "Trouvez nos filles".

"Nous voulons que nos filles reviennent. Nous voulons que les Nations unies viennent nous aider à les sauver. Par cette marche, nous voulons dire au monde entier que nous avons besoin de leur aide pour obtenir la libération de nos filles", a déclaré Enoch Mark, dont la fille et deux nièces ont été enlevées.

A Chibok, les parents sont d'autant plus inquiets que les victimes, âgées de 12 à 17 ans, pourraient avoir été emmenées au Cameroun et au Tchad voisins pour y être vendues contre une dizaine d'euros à des insurgés de Boko Haram et mariées de force, selon des informations recueillies par le chef du conseil des anciens de la localité, non confirmées par des sources sécuritaires.

L'insurrection de Boko Hama, commencée en 2009, a fait depuis des milliers de morts, dont 1.500 déjà cette année.

AFP

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