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Un groupe de miliciens libyens à Benghazi, 30 mars 2014 / REUTERS
Un groupe de miliciens libyens à Benghazi, 30 mars 2014 / REUTERS

Libye: et si on confiait le pouvoir aux milices?

La solution est excentrique, mais c'est peut-être la seule voie pour sortir la Libye de la violence.

Le 29 avril, le Parlement libyen a été victime d’une attaque perpétrée par un groupe armé. Un incident qui n’est malheureusement pas le premier du genre.

Depuis la mort de Mouammar Kadhafi, la Libye est à la merci de nombreuses milices armées qui y font la loi. De Benghazi à Misrata en passant par Zenten, chaque ville a sa milice armée, qui fait pratiquement office d’autorité locale. Le pouvoir central lui-même, cloîtré à Tripoli, la capitale, n’est pas à l’abri des assauts de l’une ou de l’autre de ces milices. Devenues ainsi la terreur des différents chefs de gouvernement, qui tombent les uns après les autres sous leurs actions directes ou indirectes, ces milices tentent depuis un certain temps de prendre le contrôle de l’appareil d’Etat, en imposant par la force leur homme ou alors en sapant, par la menace, l’autorité de toute personne désignée à ce poste.

Il semble que les milices armées libyennes n’observeront aucun répit aussi longtemps que le chef du gouvernement ne sera pas issu de leurs rangs.

Dans ces conditions, on se demande alors s’il ne vaudrait pas mieux leur confier une bonne fois la gestion de l’appareil d’Etat. En réalité, il s’agirait tout simplement de formaliser le pouvoir de ces milices, puisque, dans les faits, ce sont eux qui sont les véritables détenteurs du pouvoir.

Cela peut paraître excentrique, mais à bien y réfléchir, c’est probablement la seule voie qui reste au pays pour sortir de la spirale de la violence. A défaut de réussir à raisonner ces chefs de milices, il faut les mettre devant le fait accompli, les confronter à l’épreuve du pouvoir. Face à la réalité du terrain, ces chefs de milices n’auront pas d’autre choix que de réussir ou alors d’organiser des élections s’ils sont contraints de se retirer.

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Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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