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Après l'attentat de Jos, 20 mai 2014 / REUTERS
Après l'attentat de Jos, 20 mai 2014 / REUTERS

Nigeria: Il faut vraiment avoir peur de Boko Haram

L'enlèvement de 234 adolescentes au Nigeria par Boko Haram confirme, une fois de plus, la capacité de nuisance de la secte islamiste.

Lundi, cela fera trois semaines que le groupe de militants nigérians Boko Haram a kidnappé 191 adolescentes et les retient dans la forêt de Sambisa en toute impunité. On est sans aucune nouvelle des jeunes filles, âgées pour la plupart de 16 à 18 ans, depuis le 14 avril. Ce soir-là, la veille de leur examen final à la Government Girls Secondary School de la ville de Chibok, au nord-est du Nigeria, elles ont été réveillées par le bruit d’hommes armés qui défonçaient les fenêtres et mettaient le feu à leurs salles de classe.

En quelques heures, 234 d’entre elles avaient été entassées dans des camions et emmenées dans la jungle. 43 ont réussi à s’échapper. Certaines ont sauté des camions du convoi, qui roulait lentement, d’autres se sont enfuies en atteignant la forêt.

Le sort de leurs camarades demeure un mystère. Chaque jour qui passe augmente la probabilité que les adolescentes aient été violées, peut-être tuées, en captivité. Compte tenu de la signification du nom du groupe Boko Haram, «interdiction de l’éducation occidentale» et de leur objectif d’éradiquer toute laïcité dans le nord du Nigeria largement musulman, il n’est pas tellement étonnant que le groupe ait l’habitude d’enfermer des enfants dans des écoles avant d’y mettre le feu.

A ce jour, il s’agit de leur plus grand enlèvement de masse. Les lycéennes ont été emmenées dans la jungle pour servir d’esclaves sexuelles, mais leur enlèvement dépasse la volonté de trouver «des cuisinières et des épouses.» Pour Boko Haram, il s’agit de démanteler la fragile société existante en attaquant ses institutions essentielles: les écoles.

Boko Haram, qui vise les enfants, est l’organisation terroriste la plus haineuse qu’on puisse imaginer. Depuis ses débuts en 2002, l’agressivité de ses militants n’a fait que croître. Lorsque j’ai visité leur bastion de Maiduguri en 2007, leurs membres ont tiré des machettes, qu’il appellent coutelas, et ont failli tuer un journaliste nigérian, le photographe avec qui je voyageais et moi-même. Nous avons réussi à nous échapper après qu’un courageux vieil homme local est entré dans notre voiture et nous a conduit en lieu sûr. Aujourd’hui, le groupe n’hésiterait pas à nous tuer ou à nous enlever.

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La rédaction de Slate Afrique.

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