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Maroc: la rue maintient la pression sur le gouvernement islamiste

Quelques dizaines de milliers de personnes ont manifesté jeudi au Maroc à l'occasion de la Fête du travail, maintenant la pression sur le chef du gouvernement, l'islamiste Abdelilah Benkirane, malgré l'annonce la veille d'une hausse du salaire minimum.

Mercredi, le gouvernement emmené par les islamistes du Parti justice et développement (PJD) a annoncé un relèvement en juillet du salaire minimum dans la fonction publique, à 3.000 dirhams (environ 270 euros), et une augmentation progressive de 10% dans le secteur privé.

Cette annonce a toutefois été jugée insuffisante par trois des principales centrales syndicales du royaume, et plus de 10.000 personnes ont défilé jeudi à Rabat, mais aussi dans des proportions comparables à Casablanca, pour réclamer d'autres avancées sociales, ont constaté des journalistes de l'AFP.

A Rabat, le cortège comptait aussi des diplômés chômeurs, qui réclament depuis des mois voire des années leur intégration dans la fonction publique.

"Les négociations continueront après le 1er Mai car il y a d'autres revendications sur la table", a pour sa part déclaré à l'AFP le secrétaire général de l'Union marocaine du travail (UMT), Miloudi Moukhariq, évoquant la question de l'impôt ou encore celle des retraites.

A Casablanca, Abdelilah Benkirane a lui-même pris place dans un cortège, entouré de membres d'un syndicat proche du PJD, qui ont apporté leur soutien à son action, d'après un correspondant de l'AFP.

L'annonce de la hausse du salaire minimum a mécontenté le patronat qui a jugé que la mesure allait "éroder davantage la compétitivité".

Ce geste social intervient alors que le gouvernement s'est engagé ces derniers mois dans une réforme périlleuse de la caisse de compensation, qui subventionne des produits de grande consommation, comme l'essence. Son coût avait atteint plus de cinq milliards d'euros en 2012, entraînant un dérapage du déficit public à plus de 7% du PIB. Celui-ci devrait être ramené à moins de 5% fin 2014.

Jusque-là cantonné dans l'opposition, le PJD a remporté fin 2011 un succès électoral historique, dans le contexte du Printemps arabe, soulevant un vent d'espoir.

Depuis, même s'il reste relativement populaire, son chef de file Abdelilah Benkirane a vu sa popularité s'éroder. Il a en outre été contraint l'an dernier à un remaniement, son parti devenant minoritaire au sein d'une coalition hétéroclite.

AFP

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