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Zimbabwe: la guerre ouverte au sein de l'opposition s'intensifie

La guerre ouverte au sein du principal parti d'opposition zimbabwéen, le MDC, s'est intensifiée samedi, plusieurs ténors du parti votant la suspension du leader national Morgan Tsvangirai pour violences et violation des statuts du parti.

Ce groupe dissident compte dans ses rangs le secrétaire général du parti et ancien ministre des Finances Tendai Biti et l'ex-trésorier général adjoint Elton Mangoma.

"Ce conseil suspend Morgan Richard Tsvangirai (comme leader du parti)", a déclaré Samuel Sipepa Nkomo, président par intérim de cette faction dissidente à l'issue d'une réunion à Harare. "Nous n'allons pas continuer avec ceux qui ont la violence dans le sang", a-t-il ajouté.

Un porte-parole du MDC, Douglas Mwonzora, a balayé la motion en la déclarant "nulle sur le plan légal". "Le président Tsvangirai reste notre leader légitime", a-t-il dit en soulignant que la réunion n'était pas celle des instances nationales.

Il a aussi accusé le parti présidentiel et des agents de la sécurité d'Etat infiltrés de pourrir le climat au sein du MDC dans le but de le détruire.

M. Biti a accusé devant la presse M. Tsvangirai d'avoir trahi la lutte pour la démocratie au Zimbabwe et promis de "reconstruire le parti sur ses cendres".

Outre M. Tsvangirai, les rebelles du MDC accusent son adjoint Thokozani Khupe ainsi que cinq autres ténors du parti d'avoir violé les statuts du parti, en expulsant M. Mangoma après son appel à la démission de M. Tsvangirai dans le sillage de la cuisante défaite électorale du MDC en juillet 2013.

Des membres du MDC, par loyauté à Tsvangirai, sont soupçonnés par ailleurs d'avoir tabassé M. Mangoma devant le QG du parti.

Le trésorier du MDC, Roy Bennett, en exil en Afrique du Sud et d'autres responsables MDC ont également appelé au départ de M. Tsvangirai.

Formé en 1999 par une alliance entre syndicats et groupes de la société civile, le MDC a constitué pendant des années une alternative crédible au pouvoir du président Robert Mugabe. 

M. Tsvangirai était arrivé en tête au premier tour de la présidentielle de 2008.

Mais, après s'être retiré pour éviter une guerre civile et avoir accepté de faire partie pendant quatre ans d'un gouvernement d'union nationale avec M. Mugabe, il s'est fait laminer aux élections de 2013, sans avoir obtenu toutes les réformes démocratiques prévues dans les accords de 2009.

Quand bien même les fraudes électorales massives ont contribué à cet échec, c'est toute la stratégie de Tsvangirai qui est depuis remise en question par une partie du MDC.

AFP

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