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Le retour mouvementé d'Abdoulaye Wade au Sénégal reporté de 48h

L'ex-président sénégalais Abdoulaye Wade doit rentrer vendredi à Dakar après deux ans d'absence pour y soutenir son fils incarcéré, mais avec un retard de 48 heures dont ses partisans et le gouvernement se rejettent la responsabilité.

De très nombreux partisans de l'ex-chef de l'Etat, encadrés de près par d'imposantes forces de l'ordre, ont vainement attendu pendant des heures à proximité de l'aéroport mercredi le retour de l'homme qui a dirigé le Sénégal pendant douze ans, de 2000 à 2012.

L'avion privé loué par Abdoulaye Wade avait quitté Paris mercredi matin et aurait dû atterrir dans l'après-midi à Dakar où devait se tenir un grand meeting, maintenu en dépit de son interdiction par les autorités sénégalaises par crainte de "troubles à l'ordre public".

Mais ce scénario a été bouleversé pour des raisons dont les partisans de l'ex-président et ceux du régime de Macky Sall, qui avait largement battu Wade à la présidentielle de 2012, donnent des versions opposées.

Les premiers affirment que le régime a peur du retour de l'ex-président et a volontairement empêché son avion d'atterrir, les seconds dénoncent "un coup politique", la liste des passagers de l'avion ayant été volontairement modifiée à la dernière minute, ce qui nécessitait une nouvelle autorisation d'atterrissage.

L'appareil est donc resté bloqué à mi-chemin entre Paris et Dakar, à Casablanca au Maroc, dans l'attente d'un feu vert des autorités aéroportuaires sénégalaises.

Le parti d'Abdoulaye Wade, le Parti démocratique sénégalais (PDS), a d'abord annoncé son retour jeudi, puis finalement vendredi.

"Pour permettre à tous ceux qui le désirent de venir encore plus nombreux et plus enthousiastes pour l'accueillir", l'ex-président "a accepté de reporter son retour au vendredi 25 avril et éviter ainsi tout prétexte du gouvernement pour expliquer un éventuel refus d'autorisation d'atterrissage", a indiqué le PDS dans un communiqué.

Pour le PDS, "les raisons invoquées pour justifier le défaut d'autorisation sont tout aussi farfelues que contraires à la vérité". "Ce fait, particulièrement grave, (...) constitue une manifestation de la volonté de Macky Sall de transformer notre système démocratique en un système autoritaire", accuse le parti d'Abdoulaye Wade.

Abdou Latif Coulibaly, porte-parole du gouvernement, a de son côté dénoncé "un jeu médiatico-politicien" organisé par Abdoulaye Wade pour "discréditer le gouvernement".

 

- "Wade ruse" -

 

Jeudi, les quotidien privés  sénégalais commentaient abondamment ces péripéties autour du retour d'Abdoulaye Wade après deux ans d'absence, "Wade ruse, mobilise et électrise Dakar", titre ainsi Le Pop, Walfadjiri parlant "du coup de Maître" de l'ex-président, avocat de formation.

Abdoulaye Wade, 87 ans, dont la volonté de briguer un nouveau mandat en 2012 avait cristallisé les mécontentements et entraîné de nombreuses manifestations parfois meurtrières dans tout la pays, en particulier à Dakar, a décidé de rentrer de France en grande partie pour soutenir son fils Karim, en détention préventive depuis plus d'un an.

Il y a une semaine, une cour spéciale a décidé de le juger à partir de juin pour "enrichissement illicite" pendant les douze ans de présidence de son père, dont il fut d'abord un proche conseiller, puis un ministre aux larges pouvoirs, au point d'être surnommé au Sénégal "ministre du Ciel et de la terre".

Âgé de 45 ans, Karim avait été arrêté et placé en détention le 17 avril 2013. La justice sénégalaise lui a d'abord attribué un patrimoine "illicite" estimé à 1,2 milliard d'euros puis ramené à 178 millions d'euros, accusations qu'il nie en bloc.

Le PDS, auquel appartient également Karim, a dénoncé une "chasse aux sorcières" qui touche aussi d'autres responsables du parti, orchestrée par le régime de Macky Sall après son élection.

Dans un entretien au quotidien français Le Monde lundi, Abdoulaye Wade a accusé Macky Sall, un de ses anciens Premier ministres, d'avoir "utilisé l'idée de la traque des biens mal acquis pour combattre Karim, le faire condamner, le priver de ses droits civiques pour qu'il ne se présente pas" à la préidentielle de 2017.

AFP

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