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Soudan du Sud: le chef d'état-major de l'armée démis de ses fonctions

Le président sud-soudanais Salva Kiir a démis mercredi le général James Hoth Mai de ses fonctions de chef d'état-major de l'armée sud-soudanaise, selon un décret lu mercredi soir à la télévision nationale.

Aucune raison officielle n'a été fournie pour expliquer ce limogeage, mais des sources ont évoqué de récents revers de l'armée dans le nord du pays, face à la rébellion menée depuis mi-décembre par l'ancien vice-président Riek Machar.

Le général Hoth Mai, un Nuer - ethnie dont est issu M. Machar et qui constitue l'ossature de ses troupes - était le chef d'état-major de l'armée sud-soudanaise depuis 2009. Il est remplacé à son poste par le général Paul Malong, qui commandait jusqu'ici les troupes gouvernementales dans l'Etat oriental du Jonglei, le plus vaste du pays.

Le général Malong, par ailleurs gouverneur de l'Etat du Bahr el-Ghazal du Nord, est, comme le président Kiir, un Dinka et est originaire de la même région du Bahr el-Ghazal que le chef de l'Etat.

Salva Kiir a également limogé le chef des services nationaux de renseignements, le général Mach Paul, et l'a remplacé par le général Marial Nour Jok.

L'armée sud-soudanaise a perdu mi-avril la localité de Bentiu, capitale de l'Etat pétrolifère d'Unité, une région stratégique du nord du pays, dans le cadre d'une offensive de la rébellion visant à s'emparer des principaux puits de pétrole qui assuraient, avant le début du conflit, 98% des recettes du jeune pays.

L'état-major à Juba avait ensuite annoncé avoir "perdu le contact" avec ses troupes dans la zone. Mardi, l'armée sud-soudanaise avait admis avoir dû se retirer de la localité de Mayom, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Bentiu.

L'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), devenue l'armée nationale à l'indépendance du Soudan du Sud en juillet 2011, est l'ancienne rébellion sudiste qui a combattu entre 1983 et 2005 les forces de Khartoum, un conflit meurtrier ayant débouché sur la partition du Soudan.

Le Soudan du Sud a replongé dans la guerre depuis mi-décembre, quand des combats ont éclaté à Juba au sein de la SPLA, entre des troupes loyales au président Kiir et celles fidèles à M. Machar. Les combats ont rapidement gagné une grande partie du pays, accompagnés de massacres ethniques et d'atrocités imputables aux deux camps.

La rébellion de M. Machar semble contrôler une vaste partie du centre et du nord du pays, mais selon les analystes, ne semble pas en mesure de s'emparer de Juba, comme il affirme vouloir le faire.

 

- Milices ethniques -

 

Les exactions se sont multipliées ces derniers jours: une cinquantaine de civils ont été tués dans une base de l'ONU où ils étaient réfugiés et qui a été attaquée à Bor (est) et une centaine d'autres ont été massacrés dans des édifices religieux et un hôpital de Bentiu par les rebelles venant d'en reprendre le contrôle.

Le responsable de l'action humanitaire de l'ONU dans le pays, Tony Lanzer, a décrit la semaine passée comme "la plus sombre" de l'histoire du pays et les observateurs s'inquiètent du fait que les dirigeants semblent peiner de plus en plus à asseoir leur autorité sur les milices ethniques qui se déchaînent dans le pays.

Le Conseil de sécurité de l'ONU devait se réunir mercredi sur le Soudan du Sud et l'ONG Human Rights Watch l'a appelé à "réagir" face à la spirale de violences dans laquelle s'enfonce le jeune pays et à infliger des sanctions aux responsables gouvernementaux et rebelles.

Les analystes estiment désormais que seule une action ferme de la communauté internationale et des sanctions ciblées contre les dirigeants des deux camps peuvent permettre de mettre un frein au conflit.

Des pourparlers doivent reprendre d'ici à fin avril à Addis Abeba pour trouver une issue politique au conflit, mais selon les observateurs, la volonté affichée des belligérants de négocier n'est que de pure façade et aucun des deux camps ne veut mettre fin aux combats.

 

AFP

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