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Retour au Sénégal d'Abdoulaye Wade pour soutenir son fils Karim incarcéré

L'ex-président sénégalais Abdoulaye Wade rentre mercredi à Dakar après près de deux années passées en France depuis sa défaite à la présidentielle de 2012 pour soutenir son fils et ancien ministre Karim, emprisonné et qui doit être jugé pour enrichissement illicite présumé.

Abdoulaye Wade, qui a dirigé le Sénégal pendant douze ans, avait été battu par son ex-Premier ministre Macky Sall au second tour de la présidentielle du 25 mars 2012, obtenant moins de 35% des voix.

Sa volonté de se présenter à un nouveau mandat avait cristallisé les mécontentements et provoqué de violentes manifestations parfois meurtrières dans tout le Sénégal, en particulier à Dakar.

L'ex-dirigeant sénégalais, 87 ans, est attendu dans l'après-midi à Dakar où il a prévu de tenir un meeting après une arrivée que son parti, le Parti démocratique sénégalais (PDS) veut "populaire". Meeting qu'il a bien l'intention de tenir en dépit de son interdiction par le préfet de Dakar par crainte de troubles "à l'ordre public". 

"On ne changera rien", a dit M. Wade à une radio sénégalaise avant son départ de Paris. "Que tout le monde aille au meeting", a-t-il ajouté en affirmant qu'il ne rentrait pas pour "déstabiliser" le régime de Macky Sall.

Son retour survient une semaine après l'annonce du procès de son fils Karim, en détention préventive à Dakar depuis un an pour enrichissement illicite présumé et qui doit être jugé à partir de juin par une cour spéciale.

Karim avait été arrêté et placé en détention le 17 avril 2013. Il fut conseiller et ministre aux larges pouvoirs pendant les douze ans de règne de son père, au point d'être surnommé par la presse "ministre du ciel et de la terre".

La justice sénégalaise attribue au fils un patrimoine "illicite", d'abord estimé à 1,2 milliard d'euros puis ramené à 178 millions d'euros, accusations qu'il nie en bloc.

Abdoulaye "Wade est un père de famille. Il a le devoir de venir soutenir son fils", a  affirmé à l'AFP son porte-parole Serigne Mbacké Ndiaye.

- Les accusations contre Karim seront "balayées" -

Dans un entretien au quotidien français Le Monde lundi, l'ancien chef de l'Etat a accusé Macky Sall d'avoir "utilisé l'idée de la traque des biens mal acquis pour combattre Karim, le faire condamner, le priver de ses droits civiques pour qu'il ne se présente pas en 2017" à la présidentielle.

"80% des accusations sont déjà tombées" parce que "ça ne pouvait pas être mis à la charge de Karim. Nous allons balayer facilement les dernières accusations", a-t-il affirmé.

Le nouveau pouvoir sénégalais, qui a déclenché une traque des biens présumés mal acquis, l'a mis en garde. 

"On aurait bien aimé l'accueillir comme un ancien chef d'Etat" mais il a "fait l'option d'un retour politique (...) Personne ne doit jouer à déstabiliser le pays. Ce n'est conforme ni à son âge, encore moins à son statut d'ancien chef d'Etat", a dit le porte-parole du parti présidentiel, Seydou Guèye, à une radio locale.

Outre le soutien à son fils "Wade est secrétaire général d'un parti qui se prépare (à aller) aux élections locales" et "il a l'obligation de venir soutenir" sa formation, selon Serigne Mbacké Ndiaye.

Des élections locales sont prévues le 29 juin. Le PDS contrôle plusieurs communes et régions mais il traverse une période de turbulence depuis la chute de Wade père.

A "l'heure actuelle, le PDS est le parti majoritaire, même s'il est dispersé, du fait de l'absence d'un leader capable de fédérer tout le monde", a dit l'ex-président au Monde avant d'ajouter: "J'ai dépassé l'âge d'avoir une ambition politique. Briguer un poste au Sénégal, c'est fini. Ce qui ne veut pas dire que je sors de la politique". 

Plusieurs responsables et militants du PDS ont rejoint l'Alliance pour la République (APR), le parti de Macky Sall, ou ont créé leur propre formation et mouvements politiques.

Des dirigeants du PDS sont également poursuivis, emprisonnés ou interdits de sortie du territoire dans le cadre de la traque des biens mal acquis présumés qualifiée de "chasse aux sorcières".

En tant qu'ancien chef de l'Etat aujourd'hui âgé, Abdoulaye Wade devrait lui-même échapper à toute poursuite judiciaire.

AFP

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