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Les présidents brésilien Luis Inacio Lula da Silva et sud-africain Jacob Zuma à Prétoria, 9 juillet 2010. REUTERS/Thomas Mukoya
Les présidents brésilien Luis Inacio Lula da Silva et sud-africain Jacob Zuma à Prétoria, 9 juillet 2010. REUTERS/Thomas Mukoya

Le Brésil, nouvel eldorado des Africains?

Entrepreneurs, étudiants, réfugiés, de plus en plus d’Africains immigrent au Brésil et grossissent les rangs d’une diaspora jusqu’alors très minoritaire. La fermeture des frontières européennes n’est pas la seule raison : la législation brésilienne s’assouplit et les opportunités se multiplient.

Mise à jour du 17 novembre: la présidente du Brésil Dilma Rousseff a effectué en octobre son premier voyage officiel sur le continent africain depuis sa prise de fonction en janvier 2011. Elle a visité l'Afrique du Sud, le Mozambique et l'Angola. Elle prévoit d'envoyer d’ici la fin novembre dans ces trois pays une délégation de l'Agence de promotion des exportations, avec des industriels brésiliens en quête d'investissements et d'opportunités commerciales. Comme son prédécesseur, elle mise sur le renforcement des relations avec l'Afrique pour devenir d’ici 2022 la cinquième économie mondiale.

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Les échos d’un vieux tube du chanteur congolais Papa Wemba, une odeur de ragout à l’igname… une ambiance africaine règne sur la place de la República. C’est ici, en plein cœur de São Paulo, que se réunissent régulièrement les membres de la communauté africaine.  

Des investissements angolais

« En Angola, j’avais une entreprise de composants électriques. Pendant dix ans j’ai économisé pour réunir la somme minimum que le gouvernement brésilien exige pour délivrer un visa d’investisseur, raconte José Narciso. Dès que je l’ai reçu je suis venu m’établir dans la capitale économique brésilienne ».

Le montant total des investissements des Angolais reste modeste mais il a été multiplié par 3 en deux ans. Et ils sont désormais les Africains qui investissent le plus au Brésil (17ème rang mondial).

En outre, la nouvelle présidente de la République, Dilma Rousseff, vient de durcir les mesures protectionnistes pour favoriser l’investissement sur place et réduire les importations. « Alors pour profiter de la forte croissance brésilienne plusieurs de mes amis restés en Angola ont franchi le cap et contacté les services d’immigration », commente José Narciso.

« Les démarches administratives demeurent laborieuses mais la situation évolue dans le bon sens, ajoute le quinquagénaire, qui, à travers son réseau, fournit une aide aux aspirants à l’immigration. Et au-delà des opportunités économiques, le Brésil compte déjà une forte population d’ascendance africaine, ce qui facilite notre intégration dans le pays ».

Pour les ressortissants des anciennes colonies portugaises (Angola, Mozambique, Cap-Vert et Guinée-Bissau), la maitrise de la langue est également un atout. Et pour les autres, un réseau de centres culturels dispense des cours gratuitement. « Les autorités gouvernementales et plusieurs ONG nous aident dès notre arrivée : je vais être logé et nourri gratuitement », témoigne Nelson, qui vient d’obtenir son visa étudiant. Le jeune homme fait partie des 2000 Cap-Verdiens qui étudient actuellement au Brésil sur une communauté totale de 5000 membres. 

Le rôle essentiel de Lula

« Je vais intégrer la première promotion de l’Unilab », annonce-t-il fièrement. Cette Université, qui a ouvert ses portes le 25 mai dernier, est le fruit d’un concept novateur : la moitié des places est réservée à des élèves africains et l’ensemble de la promotion étudiera au Brésil ainsi que dans une des universités africaines partenaires.

C’est Lula, l’ancien président, qui est à l’initiative de ce projet. Sous son aire, le Brésil s’est affirmé sur la scène internationale et a fait de l’Afrique une de ses priorités. Le lieu qui accueille la nouvelle université est d’ailleurs symbolique: la ville de Redenção a été la première à abolir l’esclavage en 1884. 

 « Pendant trois cent ans, des Africains ont été emmenés de force pour travailler dans les plantations. Aujourd’hui nous venons d’égal à égal, étudier et faire du commerce », conclut Nelson.

Anne-Gaëlle Rico

 

Cet article a été publié initialement sur Marchés Tropicaux & Méditerranéens.

 

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