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Démobilisation des rebelles en RDC: tout reste

Réussir enfin la démobilisation des rebelles en République démocratique du Congo (RDC): l'objectif est crucial pour la stabilisation du pays, mais le nouveau projet de Kinshasa peine à convaincre les bailleurs de fonds et suscite déjà des malentendus.

Les autorités congolaises ont présenté fin décembre les grandes lignes d'un troisième programme de désarmement, démobilisation et réintégration, appelé DDR3, qui concerne plus de 12.000 miliciens congolais.

Lancés après la deuxième guerre du Congo (1998-2003), les deux premiers DDR n'avaient pas mis fin à la violence dans l'est du pays, où sévissent toujours une cinquantaine de groupes armés.

"L'avenir de la paix et de la stabilité dans la région dépendra en grande partie de la rapidité et de l'efficacité avec laquelle le gouvernement du Congo et ses partenaires internationaux exécuteront une stratégie nationale de DDR viable", notait récemment l'ONG Enough Project dans un rapport.

Le nouveau plan des autorités tient compte des échecs passés. Plus question par exemple d'incorporer massivement les anciens rebelles au sein de l'armée: "on ne veut plus revenir à ces erreurs", assure le général de brigade Delphin Kahimbi, coordonnateur du processus de démobilisation pour le Nord-Kivu (est).

Dans cette province déchirée par les conflits depuis plus de 20 ans, l'armée a ouvert fin novembre à Bweremana un centre de regroupement pour les rebelles voulant se rendre.

C'était quelques semaines seulement après sa victoire sur le Mouvement du 23 mars (M23), alors la plus grosse rébellion du pays.

De nombreuses redditions ont suivi, favorisées par la défaite du M23, contre qui se battaient plusieurs autres groupes armés, et la volonté affichée par Kinshasa et la force de l'ONU au Congo (Monusco) de désarmer toutes les milices.

Près de 3.000 hommes se sont présentés à Bweremana, à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de Goma, la capitale du Nord-Kivu.

Après vérification, quelque 1.800 d'entre eux ont été jugés admissibles au DDR. Leur transfert vers trois bases militaires éparpillées dans le pays vient de s'achever.

 

- 100 millions de dollars nécessaires -

 

Dans ces "centres de triage", ils devront subir un examen de leur passé qui déterminera s'ils peuvent éventuellement intégrer l'armée ou s'ils doivent être réinsérés dans la vie civile. En fonction du résultat, ils sont censés recevoir une formation militaire ou professionnelle.

Mais pour l'heure, "le DDR n'est pas en place", souligne un spécialiste du Congo. En dépit des appels répétés lancés à la communauté internationale pour qu'elle finance ce projet, d'un coût estimé à 100 millions de dollars, les fonds ne sont pas là.

Soutenant déjà fortement la réforme de l'armée et de la police, l'Union européenne est prête à accompagner l'expérience, mais pas sans de solides garde-fous. Pour son ambassadeur en RDC, Jean-Michel Dumond, le processus doit être "défini en commun" et il faut une véritable "politique de réinsertion dans les années à venir", ainsi que des structures adéquates pour l'accueil des démobilisés.

Celles-ci ont manqué à Bweremana, d'où se sont enfuis près de 300 miliciens après s'être rendus aux autorités.

Selon des témoignages recueillis par l'AFP, bon nombre sont partis individuellement à cause du manque de nourriture, de l'insalubrité des lieux et d'une mauvaise prise en charge.

Plus grave, d'autres sont repartis en groupes, en suivant leurs chefs.

Le travail de "sensibilisation" et d'information fait en amont, notamment par la Monusco, n'a donc pas évité les malentendus: certains groupes sont repartis lorsqu'ils ont compris qu'il seraient envoyés loin du Kivu, d'autres étaient persuadés qu'ils allaient être intégrés immédiatement dans l'armée...

Autre souci: selon le général Kahimbi, "les armes ne sont pas venues aussi nombreuses que les combattants".

Alors qu'on attend globalement que chaque milicien rapporte une arme, on a eu "un ratio d'une arme pour 10", indique un expert du Nord-Kivu, et c'est un problème: "soit ils ont gardé leurs armes, soit ceux qui sont là ne sont pas des combattants."

 

AFP

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