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Bab el-Oued, un quartier populaire d'Alger / REUTERS
Bab el-Oued, un quartier populaire d'Alger / REUTERS

Présidentielle algérienne: c'est l'après-scrutin qu'il faut regarder

La vraie question n'est pas de savoir si Bouteflika sera réélu, mais ce qu'il va se passer après.

Il est plus ou moins entendu qu’Abdelaziz Bouteflika sera réélu pour un quatrième mandat à la tête de l’Algérie, malgré ses 77 ans et sa santé plus que précaire. Lors de la campagne électorale, d’importants moyens de l’Etat ont été déployés pour vanter les mérites et le bilan du président sortant. Abderrezak Mokri, le leader d’un  parti de l’opposition ayant boycotté le scrutin, affirme même sur le site d’El Watan que des agents des administrations publiques ont été contraints d’assister aux meetings en faveur de Bouteflika.

À cela, il faut ajouter les manœuvres d’intimidations des médias privés, dont certains se sont vu interdits de diffusion, et des arrestations d’opposants parmi lesquels de nombreux membres du mouvement anti-4e mandat Barakat.

La question n’est donc plus de savoir si Abdelaziz Bouteflika sera réélu ni à quelle hauteur (tout indique qu’il obtiendra un score à la Brejnev). Ce qu’il sera intéressant d’observer, c’est la suite.

«Le pouvoir va être confronté, au lendemain de l’élection, à une nouvelle guerre. Si les composantes du système se sont entendues sur le candidat, elles vont se quereller pour désigner celui ou ceux qui vont gouverner après l’élection», déclare Abderrezak Mokri du MSP (Mouvement de la société pour la paix, ex-Hamas) toujours sur El Watan.

Pour l’heure, malgré les vives tensions à travers le pays, les risques d’une flambée de violence sont assez faibles.

«Cependant, une véritable bagarre autour du fauteuil du vieux président âgé de 77 ans et malade peut opposer ses proches, lorsque son incapacité à gouverner sera établie», soutient le site L’Infodrome.ci.

D’un autre côté, personne ne sait comment réagiront les autres candidats en lice pour ce scrutin, si les accusations de fraudes que l’on entend déjà sont avérées. Ali Benflis, par exemple, le principal challenger de Bouteflika a affirmé dans un entretien au Monde qu’il n’acceptera pas les résultats, s’il est donné perdant.

«Si la fraude gagne, si je ne suis pas élu et qu'il n'y a pas de second tour, je ne reconnaîtrai pas ces élections programmées», a-t-il déclaré. Et des phrases comme celle-ci peuvent vouloir tout dire, même le pire.

Il faut donc aller au-delà de cette seule présidentielle, comme l’ont d’ailleurs indiqué toutes les forces politiques qui se sont opposées à la candidature d’Abdelaziz Bouteflika, et amorcer un vrai processus de refonte démocratique. Autant dire un travail de Sisyphe, en ce qui concerne l’Algérie. Ce d’autant plus que certains analystes estiment, comme Ahmed Rouadja, directeur du Laboratoire de Recherche d’histoire de sociologie et des changements sociaux et économiques, sur le site Atlantico, que le «printemps arabe algérien», ce n’est pas pour demain.

Raoul Mbog

Raoul Mbog

Raoul Mbog est journaliste à Slate Afrique. Il s'intéresse principalement aux thématiques liées aux mutations sociales et culturelles et aux questions d'identité et de genre en Afrique.

 

 

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