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Le plateau du JT de la chaîne Ennahar TV / REUTERS
Le plateau du JT de la chaîne Ennahar TV / REUTERS

Télés privées algériennes: la fin de la lune de miel avec l'Etat

La présidentielle algérienne a aussi signé l'arrêt de mort des chaînes de télé privées, deux ans seulement après leur lancement.

«Bilad quoi? Bilad TV? Non, je connais pas…» Pour beaucoup d’Algérois, le nom n’est guère familier, l’adresse encore moins. Une fois devant un vieil immeuble de la rue Didouche Mourad, seule une petite plaque signale la présence de cette chaîne d’information continue, l’une des dernières-nées du paysage audiovisuel algérien.

«Le lancement date du 20 mars, juste avant le début de la campagne électorale», explique Anes Djema, 27 ans, rédacteur en chef de Bilad TV, lancée par le patron du quotidien arabophone homonyme, El Bilad, proche des partis TAJ et MSP (islamistes). «On a une centaine d’employés dont une quarantaine de journalistes.»

Visite des locaux aux apparences modestes mais très bien équipés: 11 pièces dont une rédaction, une petite régie et un plateau flambant neuf pour les JT.

«On ne l’a pas encore utilisé. Là, on est dans une annexe, nos grands studios sont ailleurs à Zeralda», sourit Anes Djema.

Avec ses trois bureaux dans Alger et la banlieue et sa centaine d’employés, Bilad TV n’est qu’une chaîne parmi d’autres lancées depuis fin 2011. Ennahar TV, Echorouk TV, Numidia News TV, El Djazairia TV, Al Asar, Dzair TV, KBC: en l’espace de deux ans, une dizaine de chaînes de télévision privées ont vu le jour en Algérie, émettant sur le territoire national via des relais à l’étranger. Une sorte de printemps audiovisuel initié par le pouvoir algérien à la lumière des révolutions arabes en Egypte et en Tunisie.

En janvier 2012, le gouvernement autorise en effet la naissance de chaînes de télévision privées via une nouvelle loi sur l’information. La première née sera Ennahar TV. D’autres suivent. Habitué à regarder les chaînes françaises et arabes comme Al-Jazira, Al-Arabiya ou MBC, le public découvre des JT, reportages et émissions de débat, où journalistes et invités partagent une liberté de ton. Les audiences grimpent. A tel point qu’Ennahar TV détrône la sacro-sainte ENTV en termes d’audimat.

Seulement deux ans plus tard, avec la bataille présidentielle pour ou contre le 4e mandat du président sortant, Abdelaziz Bouteflika, la lune de miel entre l’Etat et les chaînes privées semble être bel et bien terminée. «En 2012, l’ouverture était prometteuse», note Abdou Semmar, rédacteur en chef du site online Algérie-Focus.

«Mais à l’approche de la présidentielle, la politique du gouvernement a vite repris le dessus. Une chaîne qui était indépendante et voulait donner la parole aux opposants a été fermée et empêchée de diffuser.»

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