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Centrafrique: des habitants fuient après des violences au passage d'un convoi de musulmans

La majorité des 7.000 habitants de Boguila, dans le nord de la Centrafrique, se sont enfuis dans la brousse en raison d'affrontements armés au passage d'un convoi de la force africaine escortant plus de 500 musulmans qui gagnaient le Tchad, a déclaré dimanche Médecins Sans Frontières (MSF).

Le convoi, escorté par des soldats tchadiens de la Misca quittant eux aussi la Centrafrique, était parti vendredi de Bossangoa, à 150 km de la frontière tchadienne. Il "a été pris à partie (samedi) par des groupes armés locaux", vraisemblablement des miliciens anti-balaka, en majorité des chrétiens, selon MSF.

"Le convoi de 20 camions évacuait les derniers 540 musulmans de Bossangoa vers Goré, dans le sud du Tchad. A son passage dans Boguila, l'équipe de MSF présente à l'hôpital a entendu une forte explosion et des tirs nourris et a vu les habitants s'enfuir de la ville", précise l'ONG dans un communiqué, ajoutant avoir pris en charge trois blessés à Boguila et à Poua, localité proche.

MSF, présente à Boguila depuis 2006, craint que d'autres personnes aient pu être blessées au cours des échanges de tirs.

Samedi, une source au sein de la gendarmerie de Bossangoa, à quelque 300 km au nord-ouest de Bangui, avait rapporté que les derniers musulmans encore présents dans la ville avaient tous quitté la région pour le Tchad afin d'échapper aux violences des anti-balaka. Ils étaient escortés par des soldats de la Misca.

En septembre, des violences avaient éclaté dans la région de Bossangoa et dans celle de Bouca voisine. Les anti-balaka avaient attaqué et tué des civils musulmans, entrainant des représailles de la Séléka, ex-rébellion de majorité musulmane, alors au pouvoir. Au moins 150 personnes avaient été tuées et plusieurs centaines blessées.

Sur une grande partie de son territoire, la Centrafrique s'est enfoncée dans un cycle de tueries intercommunautaires après des mois d'exactions perpétrées par les combattants de la coalition Séléka qui avaient pris le pouvoir à Bangui le 24 mars 2013 avant de devoir le quitter en janvier dernier.

Depuis la fin du régime des Séléka et leur désarmement par les forces française et africaines, les musulmans, souvent associés aux ex-rebelles et désormais sans défense se sont retrouvés en proie aux pires représailles de la part des milices anti-balaka. C'est par dizaine de milliers qu'ils fuient le pays depuis plusieurs mois.

AFP

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