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Mauritanie: l'opposition veut "un dialogue sérieux" avec le pouvoir

L'opposition a réclamé mercredi à Nouakchott "un dialogue sérieux" lors d'un meeting mercredi soir, à la veille de la reprise de pourparlers entre les deux camps sur les conditions de la tenue de l'élection présidentielle prévue en juin, à une date non encore fixée.

"Nous voulons aller vers un dialogue sérieux et responsable, sans préalable aucun", a déclaré Cheikh Sid'Ahmed Ould Babamine, président du Forum national pour la démocratie et l'Unité (FNDU) devant des centaines de sympathisants lors de ce meeting, le premier du FNDU.

Ce forum regroupe les principales forces de l'opposition radicale: le parti islamiste Tewassoul et la dizaine de partis de la Coordination de l'opposition démocratique (COD).

Le 2 avril, une réunion préparatoire au dialogue pouvoir-opposition avait regroupé des représentants de la majorité au pouvoir, du FNDU et d'une autre coalition de l'opposition - la Coordination pour une alternance pacifique (CAP, présentée comme modérée). Mais les mandataires du FNDU s'étaient retirés des travaux pour, selon eux, protester contre "des préalables posés par le gouvernement".

Lors d'une conférence de presse le 7 avril à Nouadhibou (nord), le chef de l'Etat Mohamed Ould Abdel Aziz avait annoncé la reprise des pourparlers pour jeudi, en regrettant "tout le temps perdu du fait de tergiversations de l'opposition".

Le président Aziz avait aussi catégoriquement rejeté la demande de l'opposition de former un gouvernement "consensuel" pour préparer et superviser la présidentielle, tout en restant nuancé sur un éventuel report du scrutin que souhaite l'opposition.

"Je le leur dis tout de suite (aux opposants): il n'y aura pas de gouvernement élargi. Le reste, ils peuvent le discuter avec le ministre de la Communication qui sera présent" lors des discussions, avait-il dit.

L'opposition espère "que les conditions posées par le président lors de sa conférence de presse (à Nouadhibou) ne sont que paroles sans réelle volonté de blocage", a dit mercredi soir le chef du FNDU.

Il a également réclamé "le changement", en dénonçant la "gestion solitaire du pouvoir" par le régime actuel.

Les opposants ont posé des conditions à leur participation à la présidentielle, réclamant des changements au sein des structures chargées de l'organiser, dont la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

Le président Ould Abdel Aziz, un ancien général arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en août 2008, avait été élu un an après pour un mandat de cinq ans lors d'un scrutin contesté par l'opposition. Sauf énorme surprise, il devrait être candidat à sa succession.

AFP

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