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Twitter plus fort que la police nigériane

Si les réseaux sociaux sont parfois décriés dans les médias, il arrive qu'ils permettent… de résoudre des enquêtes criminelles. Selon BBC News Africa, au Nigeria, Twitter a permis d’identifier les auteurs d’un viol.

Le 22 septembre 2011, le site nigérian 247ureports rapporte les faits. Le crime a lieu le 16 août à l’Abia State University (ABSU). Ce jour-là, la victime, qui y est étudiante, aurait insulté un de ses camarades. Ce dernier décide alors de lui donner une «leçon de vie». Cinq étudiants vont alors violer la jeune fille.

La vidéo du crime a été postée sur Internet. On y voit la jeune fille se débattre, mais face à la brutalité des agresseurs, elle ne peut pas lutter. A la fin de la vidéo, elle les supplie de l’éxécuter, et les cinq étudiants se contentent de rire et se moquer d’elle. Le 22 septembre, le document avait déjà été téléchargé 1.356.662 fois. Malgré l’émotion suscitée, les forces de police ont rapidement clos le dossier, la victime étant introuvable.

Internet prend alors la relève. Sur la Toile, plusieurs campagnes ont été menées pour inciter la police à reprendre l’enquête et dénicher des indices dans la vidéo pour trouver les coupables. La blogueuse Sugabelly, une étudiante nigériane de 22 ans, a lancé des appels à témoin. Un blogueur promettait même 200.000 Naira (945 euros) à quiconque livrerait des informations permettant d'identifier les violeurs.

Twitter a également joué un rôle prépondérant dans l’affaire. Les internautes ont relayé l'histoire de la victime et unanimement condamné ce crime.

Grâce à des noms et des photos postés en ligne, la police a pu identifier deux des cinq violeurs. La victime a également pu être localisée. Bala Hassan, préfet de police, a déclaré que les deux hommes avaient été appréhendés grâce à l'action des internautes.

A ABSU, les viols sont fréquents, indique 247ureports. Malheureusement, la plupart des victimes n’osent pas porter plainte.

Mais cette récente affaire aura permis de dénoncer le manque de considération de la police nigériane pour les affaires de viols.

Lu sur BBC News Africa, 247ureports, Sugabelly