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Algérie: un meeting de Bouteflika annulé après des violences

Le camp du président Abdelaziz Bouteflika a annulé samedi un meeting électoral en Kabylie, dans le cadre de la présidentielle du 17 avril, en raison de violences, a annoncé le directeur de campagne Abdelmalek Sellal sur la chaine En-Nahar TV.

Une équipe de cinq personnes de cette chaîne privée, qui soutient le président Bouteflika, a été agressée et quatre de ses journalistes ont été blessés, dont un grièvement, a déclaré à l'AFP son directeur, Anis Rahmani.

"J'ai annulé ce meeting pour préserver la sécurité, ni plus ni moins", a déclaré M. Sellal, qui a démissionné de son poste de Premier ministre pour diriger la campagne de Bouteflika.

Âgé de 77 ans et victime l'année dernière d'un AVC qui a nécessité près de trois mois d'hospitalisation en France, M. Bouteflika est candidat à un quatrième mandat malgré les doutes sur sa capacité à continuer à diriger le pays. Il n'a lui même tenu aucun meeting, mais a chargé sept de ses proches de sillonner le pays pour convaincre les électeurs.

"Vous constatez par vous-mêmes la conception qu'ont certains de la démocratie. Nous sommes contre la violence et contre l'extrémisme. L'extrémisme ne passera pas dans ce pays", a ajouté M. Sellal.

Anis Rahmani a pour sa part mis en cause directement des partisans du candidat Ali Benflis, principal challenger de M. Bouteflika.

"C'est un dérapage dangereux venant d'un candidat bien précis. Nous lui demandons de dénoncer la violence et la terreur comme moyen d'accéder à El Mouradia", le quartier d'Alger où se trouve le palais présidentiel, a-t-il dit.

Des témoins ont rapporté à l'AFP qu'environ 250 personnes scandant des slogans hostiles à un quatrième mandat de Bouteflika s'étaient rassemblées devant la Maison de la culture de Béjaïa, où M. Sellal devait animer un meeting. 

Béjaïa se trouve en Kabylie, une région traditionnellement frondeuse.

Une partie de la foule est ensuite entrée en force dans la salle et a agressé une équipe de la chaîne En-Nahar qui se trouvait là avec d'autres journalistes, selon ces témoins.

L'agence APS a rapporté de son côté que des unités anti-émeutes de la Sûreté nationale "ont été déployées pour disperser les manifestants et rétablir l'ordre" et que "les journalistes et leurs équipes techniques ont été évacués vers l'aéroport de Bejaïa Abane-Ramdane, à bord de véhicules de la sûreté nationale".

La campagne présidentielle prendra officiellement fin le 13 avril.

AFP

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