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"Il y a urgence"

Les 800 soldats de la mission militaire européenne Eufor-RCA vont se déployer le plus rapidement possible car "il y a urgence" à mettre fin aux "violences récurrentes" qui empêchent les habitants de Bangui de retrouver une vie normale, selon le général Philippe Pontiès, qui commande cette opération.

Question: Quand, comment et avec qui va se mettre en place Eufor-RCA?

Réponse: Nous devrions pouvoir déployer, lorsque la mission sera pleinement opérationnelle à la fin mai, 800 soldats à Bangui, dont les trois quarts seront directement impliqués dans les opérations de rétablissement de la sécurité.

Treize nations européennes vont y participer, dont neuf auront des soldats déployés sur le terrain: la France, nation cadre, l'Espagne, l'Estonie, la Lettonie, le Portugal, l'Italie, la Finlande, la Pologne ainsi que la Géorgie, qui ne fait pas partie de l'UE.

L'Allemagne, le Royaume-Uni, le Luxembourg et la Suède contribueront dans le transport aérien des troupes et des équipements, un rôle essentiel.

Ce n'est pas rien, et je considère que ce résultat est tout à fait satisfaisant, même si le processus a été plus lent que prévu. Cela est dû en bonne partie à la détérioration soudaine de la situation internationale (avec la crise en Ukraine, NDLR). Elle a beaucoup pesé dans l'appréciation qu'ont pu avoir certains pays de l'UE quant à leur participation à Eufor-RCA.

 

Q: Quelle sera la tâche essentielle de ces soldats?

R: Notre mandat est très clair: opérer à Bangui, et pas au delà. Nous allons concentrer nos efforts sur la zone de l'aéroport M'Poko, où un camp rassemble environ 70.000 personnes déplacées, et dans deux arrondissements adjacents, le 3e et le 5e. Ces derniers ont une importance symbolique avec une population musulmane ou mixte musulmane-chrétienne.

En six mois, en ayant une présence extrêmement visible et robuste, avec des patrouilles fréquentes, nous voulons en faire des secteurs pilotes en termes de sécurité, qui pourront ensuite servir d'exemples à d'autres quartiers de Bangui. Il s'agit donc d'obtenir des effets rapides, en collaboration étroite avec les forces africaine Misca et française Sangaris.

 

Q: Contre quelle menace allez-vous lutter?

R: Les fauteurs de troubles sont des groupes d'hommes, parfois présentés comme des bandits, dont on a du mal à savoir s'ils sont ou non contrôlés, qui s'attaquent aux biens et aux personnes.

Il ne faut pas mésestimer le pouvoir de nuisance de personnes équipées d'armes légères ou de machettes. Ce sont elles qui font régner l'insécurité de jour comme de nuit, et cela empêche le retour des déplacés ainsi que la reprise de l'activité économique. Or le retour de la confiance est essentiel.

Dans cet objectif, il est utile que Eufor-RCA inclue une unité de gendarmes.

AFP

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