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Kenya: Mombasa sécurisée après le meurtre d'une figure de l'islam radical

Des patrouilles armées de la police surveillaient mercredi les rues de Mombasa, principale ville de la côte kényane, très majoritairement musulmane, au lendemain du meurtre d'une figure de l'islam radical kényan, enterrée dans la foulée.

Abubaker Shariff Ahmed, alias "Makaburi", abattu mardi en début de soirée en pleine rue par des tireurs en voiture, a été enterré en "martyr" peu après minuit. C'est la troisième personnalité rattachée à la mosquée Musa de Mombasa, présentée comme le coeur de l'islam radical kényan, à être assassinée en moins de deux ans.

Les meurtres par balles en août 2012 de l'imam Aboud Rogo Mohammed, principal prédicateur de la mosquée, puis de son successeur Ibrahim Ismail en octobre 2013, avaient à chaque fois déclenché de violentes émeutes à Mombasa, leurs partisans, Makaburi en tête, qualifiant leurs assassinats d'"exécutions extrajudiciaires" attribuées aux autorités kényanes.

"Nous ne savons pas qui les a tués et pourquoi", a déclaré un responsable local de la police mardi soir au sujet de Makaburi et d'un jeune homme qui se trouvait en sa compagnie au moment des tirs.

L'atmosphère dans la deuxième ville du Kenya, principal port d'Afrique de l'Est, était tendue mercredi matin mais aucun incident n'était signalé.

Des appels à la retenue ont été diffusés via les hauts-parleurs de la mosquée Musa tout au long de la nuit et sur les radios locales, et des effectifs importants de policiers étaient déployés à travers la ville, notamment devant des églises et dans le quartier de la mosquée Musa, selon un correspondant de l'AFP.

Seul bref incident mardi soir, la police a dû tirer en l'air pour disperser une foule de partisans de Makaburi en colère, rassemblés autour d'un poste de police où son corps avait été transporté, pour réclamer sa dépouille, finalement remise à sa famille en fin de soirée.

 

- Sanctions de l'ONU -

 

Le ministère britannique des Affaires étrangères a émis une mise en garde aux voyageurs, disant que l'assassinat avait "fait monter la tension" à Mombasa.

Cheikh Abubaker Shariff Ahmed, âgé d'une cinquantaine d'années, était placé depuis 2012 sous sanctions de l'ONU pour "ses liens étroits avec les membres influents" des islamistes shebab, des accusations qu'il avait niées dans un entretien avec l'AFP le 20 février dernier.

Makaburi avait qualifié d'accusations sans preuve le portrait fait de lui par l'ONU qui le décrivait comme "un important (...) recruteur de jeunes musulmans kényans en vue d'activités militantes violentes en Somalie", qui "fournit un appui matériel à des groupes extrémistes au Kenya" et en Afrique de l'Est et participe "à la mobilisation et à la gestion de fonds pour les shebab".

Il avait néanmoins estimé "100% justifiée" l'attaque - revendiquée par les shebab - du centre commercial Westgate de Nairobi en septembre, où un commando islamiste avait ouvert le feu aveuglément tuant au moins 67 personnes.

Il avait également défendu ouvertement l'instauration de la charia "partout dans le monde" et la mémoire d'Oussama ben Laden, tout en refusant le qualificatif de "radical" ou d'"extrémiste", préférant se décrire comme un "vrai" musulman. Il définissait l'islam "véritable" comme celui des djihadistes irakiens proche d'Al-Qaïda, des talibans afghans et des shebab somaliens.

AFP

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