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Kenya: une figure de l'islamisme radical tuée par balles

Abubaker Shariff Ahmed alias "Makaburi", figure de l'islam radical kényan, accusé d'être un relais des shebab somaliens au Kenya, a été tué par balles mardi soir à Mombasa, deuxième ville du pays et capitale de la côte kényane, très majoritairement musulmane, a constaté un correspondant de l'AFP.

Ce correspondant a vu le corps de Makaburi, touché par balles au bras et à la poitrine, ainsi que celui d'un jeune homme, lui aussi tué par balles, dans un commissariat de Mombasa où ils ont été transportés. Aucun détail n'était disponible dans l'immédiat sur les circonstances de l'assassinat.

Cheikh Abubaker Shariff Ahmed était placé depuis 2012 sous sanctions de l'ONU pour "ses liens étroits avec les membres influents" des islamistes shebab.

Makaburi est la troisième personnalité importante de la mosquée Musa de Mombasa, coeur de l'islam radical kényan, accusée par les autorités kényanes d'être un centre de propagande djihadiste et de recrutement pour les shebab somaliens, à être tuée par balles.

L'imam Aboud Rogo Mohamed, principal prédicateur de la mosquée et ami de Makaburi avait été assassiné en août 2012, avant que son successeur Cheikh Ibrahim Ismail ne tombe à son tour sous les balles, en octobre 2013.

Rogo et Ibrahim Ismail avaient tous deux été tués alors qu'ils circulaient en voiture près de Mombasa. Aucun des tueurs n'a été identifié, mais leurs partisans, Makaburi en tête, avaient accusé les autorités kényanes d'avoir mené "des exécutions extrajudiciaires".

Makaburi, âgé d'une cinquantaine d'années, était décrit par l'ONU comme "un important (...) recruteur de jeunes musulmans kényans en vue d'activités militantes violentes en Somalie", qui "fournit un appui matériel à des groupes extrémistes au Kenya" et en Afrique de l'Est et participe "à la mobilisation et à la gestion de fonds pour les shebab".

Il avait nié vertement ces accusations dans un entretien avec l'AFP en février dernier à Mombasa tout en défendant l'instauration de la charia "partout dans le monde" et en défendant la mémoire d'Oussama ben Laden.

"Ma vie est en danger, ils finiront par me tuer. C'est ce qu'ils font", avait-il affirmé à l'AFP en février en référence aux autorités kényanes.

Sa mort n'a pas été confirmée officiellement. Le correspondant de l'AFP a vu des proches de Makaburi arriver au poste de police mardi soir.

 

AFP

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