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Centrafrique: des Banguissois fuient leurs maisons après les tueries

En Centrafrique, des centaines d'habitants des quartiers nord de Bangui, majoritairement chrétiens, continuaient mardi de fuir leurs maisons après les tueries du week-end.

Redoutant de nouvelles violences, la majorité d'entre eux ont cherché refuge vers les différents camps de déplacés de la capitale centrafricaine, où les drapeaux sont en berne après le deuil national de trois jours décrété par les autorités en mémoire des victimes des derniers jours.

D'autres, malgré la peur, préféraient rester pour protéger leur maison contre d'éventuels pillards.

Samedi, des soldats tchadiens venus rapatrier des compatriotes fuyant les violences en Centrafrique, ont tiré sur la foule, tuant au moins 24 personnes et en blessant une centaine d'autres.

De nombreuses douilles de balles de mitrailleuses lourdes ont été découvertes dans les quartiers nord après les incidents de samedi. Certains corps ont été découverts à l'intérieur des maisons.

La force africaine Misca a affirmé dimanche que les soldats avaient d'abord été attaqués: "les soldats tchadiens ont été visés par une grenade qui a blessé l'un d'entre eux, et ils ont riposté", selon un officier s'exprimant sous couvert d'anonymat.

Mais selon les versions de représentants des milices anti-balaka et d'habitants du quartier, les militaires tchadiens ont délibérément tiré sur la foule.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a condamné les violences intervenues pendant le week-end à Bangui, rappelant "l'importance d'assurer la protection des civils en tout temps", a indiqué lundi son porte-parole Stéphane Dujarric.

Ces tueries surviennent alors que Bangui connaît une nouvelle escalade de violences qui a déjà fait une quarantaine de morts en une semaine, à la suite des affrontements opposant des miliciens anti-balaka et des pillards à des musulmans.

Depuis un an, l'ancienne colonie française, pays parmi les plus pauvres de la planète, habitué aux coups d'Etat à répétition et aux rébellions, traverse une crise sans précédent avec des violences interreligieuses et des centaines de milliers de déplacés.

AFP

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