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RDC: l'ex-rébellion M23 dénonce l'arrestation arbitraire de cadres

L'ex-rébellion Mouvement du 23 mars, qui oeuvrait dans l'Est de la République démocratique du Congo, accuse les autorités congolaises d'avoir arbitrairement arrêté certains de ses cadres civils retournés d'exil, bafouant ainsi les déclarations de paix ayant mis fin au conflit.

"Notre Mouvement exprime son indignation à la suite des arrestations arbitraires suivies de la détention illégale de nos cadres politiques qui rentrent au pays au bénéfice de la loi d'amnistie votée au parlement et promulguée par le chef de l'Etat" en février, indique le M23 dans un communiqué reçu jeudi par l'AFP.

"Des cadres (...) ayant décidé de rentrer au pays ont été mis aux arrêts par les services de renseignement du pays respectivement en date du 14 et 24 février 2014 à Kinshasa et le 15 mars 2014 à Goma (Est)", poursuit le texte daté de mercredi et signé "à Kampala" par Benjamin Mbonimpa, secrétaire exécutif du M23.

Le M23 est né en mai 2013 dans la riche province du Nord-Kivu, où sévissent plusieurs dizaines de groupes armés locaux et étrangers. Selon des experts de l'ONU, il était soutenu par le Rwanda et l'Ouganda voisins, qui ont toujours démenti tout appui.

Début novembre, la rébellion a capitulé et quelque 1.300 rebelles ont, selon Kampala, fui en Ouganda, quand d'autres se sont réfugiés au Rwanda.

- Loi d'amnistie -

La loi d'amnistie est l'un des engagements pris par Kinshasa en décembre à Nairobi, quand le M23 et le gouvernement congolais ont formellement mis fin au conflit.

Plusieurs crimes sont exclus de l'amnistie, comme le génocide, les crimes contre l'humanité, les crimes de guerre, le terrorisme, la torture, les violences sexuelles, l'utilisation ou la conscription d'enfants, le détournement de fonds publics et le pillage.

Selon l'ex-rébellion, les autorités congolaises font preuve d'une "volonté délibérée" de maintenir ses membres "dans une situation permanente de refuge", puisque, selon elle, ses cadres arrêtés ont "tout simplement" pour tort d'avoir "appartenu au M23".

"On n'a jamais dit que quiconque entré dans la rébellion ne serait pas présenté à des juges si il est auteur de crimes internationaux", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, interrogé par l'AFP, sans confirmer ni infirmer les arrestations.

"La loi d'amnistie est en train d'être mise en oeuvre, la ministre de la Justice est occupée à préparer les textes d'exécution" pour déterminer qui peut en bénéficier et qui ne peut pas, a-t-il précisé.

L'ex-rébellion affirme par ailleurs que "plusieurs cas de tentative de falsification" ont ciblé les dossiers judiciaires des prisonniers membres du M23 qui "devaient être immédiatement libérés" au regard de la liste présentée au gouvernement dans le processus de sortie de crise.

"Nous exigeons la libération immédiate et sans condition de nos cadres arrêtés à Kinshasa et à Goma ainsi que de tous les détenus figurant sur la liste remise au gouvernement", conclut le communiqué.

AFP

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