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Pas de reprise des discussions de paix sud-soudanaises

Le gouvernement du Soudan du Sud et les rebelles n'ont pas repris jeudi à Addis Abeba les pourparlers de paix, contrairement à ce qui était prévu et malgré les menaces de sanctions lancées par Washington et Bruxelles, a constaté une journaliste de l'AFP.

Entamé le 11 février, le deuxième cycle de négociations entre le gouvernement sud-soudanais et le camp de l'ancien vice-président Riek Machar, destiné à trouver un règlement politique durable au conflit qui a éclaté à la mi-décembre 2013, avait été suspendu le 4 mars, sans réelle avancée, et devait reprendre jeudi.

Le sort de 11 anciens hauts responsables du régime proches du camp Machar, arrêtés dans la foulée du début des combats le 15 décembre à Juba entre militaires fidèles au président Salva Kiir et troupes loyales à Riek Machar, est l'un des points d'achoppement.

Sept d'entre eux ont été libérés et remis au Kenya, tandis que les quatre autres, accusés d'avoir fomenté un coup d'Etat, sont jugés depuis le 11 mars à Juba. La Cour a demandé mi-mars la comparution des sept autres, tandis que le camp Machar réclame la libération des quatre derniers détenus.

"Notre équipe de négociateurs ne s'est pas rendue à Addis Abeba", a confirmé à Juba Ateny Wek Ateny, porte-parole du gouvernement sud-soudanais, expliquant que celui-ci contestait la récente décision de la médiation d'intégrer ces sept ex-responsables aux pourparlers.

Juba attend "des clarifications" de la part de l'Igad (Autorité intergouvernementale pour le développement), qui regroupe plusieurs pays d'Afrique de l'Est et assure la médiation; "Si cette clarification arrive aujourd'hui ou demain, notre équipe partira" pour Addis Abeba.

"Le gouvernement n'est pas sérieux en ce qui concerne les pourparlers", a déclaré à l'AFP à Addis Abeba le porte-parole du camp Machar, Yohannis Musa Pouk, "une solution globale est nécessaire, la participation des sept prisonniers politiques libérés est donc très importante".

Un premier cycle de négociations avait laborieusement abouti le 23 janvier à un accord de cessez-le-feu. Celui-ci n'a pas empêché la poursuite des combats qui ont déjà fait plusieurs milliers de morts et chassé de chez eux près d'un million de personnes.

Un document annexe à cet accord prévoyait la libération des onze détenus et leur participation au règlement politique du conflit, issu d'une rivalité entre MM. Kiir et Machar à la tête du parti au pouvoir, le SPLM, issu de la rébellion sudiste qui a combattu Khartoum pendant la longue guerre civile soudanaise (1983-2005) ayant abouti en juillet 2011 à l'indépendance du Soudan du Sud.

Etats-Unis et Union européenne (UE) ont menacé mercredi les deux camps de sanctions en l'absence de progrès dans leurs pourparlers et si le cessez-le-feu continuait d'être violé.

Les médiateurs de l'Igad ont assuré jeudi que les négociations reprendraient, mais sans fournir de date.

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