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Les dirigeants d'Afrique de l'Est réunis en sommet sur la crise sud-soudanaise

Les dirigeants d'Afrique de l'Est se réunissent en sommet jeudi à Addis Abeba pour tenter de relancer les pourparlers de paix au Soudan du Sud, où un conflit armé a fait des milliers de morts depuis trois mois.

Les chefs d'Etat et de gouvernement des pays de l'Igad (Autorité intergouvernementale pour le développement), l'organisation est-africaine qui assure la médiation dans le conflit sud-soudanais, se retrouvent dans la capitale éthiopienne "pour délibérer de la situation actuelle dans la République du Soudan du Sud", selon un communiqué du bloc.

Selon les médias sud-soudanais, le président du jeune pays, Salva Kiir, doit participer aux débats.

Pour préparer le sommet, des ministres et officiels des pays membres - Djibouti, Ethiopie, Kenya, Somalie, Soudan, Soudan du Sud et Ouganda - ont tenu une réunion préparatoire mercredi. Ils ont discuté d'un rapport réalisé par Seyoum Mesfin, médiateur en chef pour l'Igad dans cette crise.

Le conflit sud-soudanais, qui a aussi fait près de 900.000 déplacés, a éclaté le 15 décembre dans la capitale Juba, avant de rapidement s'étendre à d'autres Etats clés du pays (Unité (nord), Haut-Nil (nord-est), Jonglei (est)).

Il oppose des soldats loyaux au gouvernement à des militaires mutins qui ont rejoint l'ex-vice président Riek Machar, limogé l'été 2013.

Les combats sont alimentés par une rivalité politique entre l'ex-vice président et le président Kiir.

Salva Kiir a accusé Riek Machar de tentative de coup d'Etat. Ce dernier nie, et reproche en retour au premier de vouloir faire le ménage au sein du parti au pouvoir, le SPLM, dans la perspective d'élections en 2015.

Le SPLM est issu de l'ex-rébellion sudiste qui a combattu les forces de Khartoum pendant la guerre civile soudanaise (1983-2005) qui a débouché sur l'indépendance du Soudan du Sud en juillet 2011.

Mais les affrontements ont aussi très vite pris une tournure ethnique, avec des massacres entre les deux principales communautés du pays -- les Dinka de Salva Kiir et les Nuer de Riek Machar.

 

- Situation humanitaire alarmante -

 

Depuis le début, la communauté internationale se livre à d'intenses efforts diplomatiques pour tenter d'enrayer la crise.

Un fragile cessez-le-feu a été signé fin janvier entre les belligérants sous l'égide de l'Igad. Mais cette trêve n'a cessé d'être violée et les problèmes de fond qui opposent les deux camps n'ont toujours pas été abordés.

Des pourparlers de paix entre les deux camps, orchestrés par l'Igad mais ajournés jusqu'au 20 mars, stagnent. La décision mercredi d'un tribunal sud-soudanais de faire comparaître pour trahison sept dirigeants de l'opposition libérés le mois dernier à l'issue d'intenses négociations risque de ne rien arranger.

S'exprimant plus tôt cette semaine, le Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn, a reconnu que les pourparlers était "très lents". Mais il vont "dans la bonne direction", a-t-il assuré.

Selon le Premier ministre somalien Abdiweli Sheikh Ahmed, le sommet de jeudi devrait "discuter de la façon de mettre en oeuvre les précédents accords et du déploiement de forces de maintien de la paix au Soudan du Sud".

L'ONU a déjà une mission de Casques bleus déployés dans le pays (la Minuss). Des dizaines de milliers de déplacés sont d'ailleurs réfugiés dans leurs bases à travers le pays. Mais, en sous-effectifs, la Minuss peine à faire face aux violences.

Le sommet de l'Igad intervient aussi alors que l'Union africaine a mis en place une commission d'enquête sur les massacres commis depuis trois mois dans le pays.

L'ex-président nigérian Olusegun Obasanjo, nommé à la tête de cette commission, a affirmé que "quels que soient les responsables (des massacres), ils ne devront bénéficier d'aucune impunité".

Agences humanitaires et onusiennes continuent de tirer la sonnette d'alarme sur la situation.

L'Organisation mondiale de la Santé a rappelé qu'au Soudan du Sud, comme en Syrie ou en Centrafrique, face à des Etats défaillants, il n'y avait aujourd'hui plus que les ONG pour assurer les soins de santé. Et qu'en raison des combats, les travailleurs humanitaires avaient le plus grand mal à soigner les populations civiles.

 

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