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La Libye arraisonne un pétrolier nord-coréen et sa cargaison "illégale"

Les autorités libyennes ont annoncé lundi avoir arraisonné un pétrolier battant pavillon nord-coréen dans l'est libyen, avec à son bord une cargaison de pétrole "illégale" achetée aux rebelles qui bloquent depuis des mois les terminaux du pays.

"Les forces de la marine et les révolutionnaires contrôlent le pétrolier" et le conduisent vers un port contrôlé par l'Etat, a annoncé le Congrès général national (CGN, Parlement) puis le gouvernement sur leurs sites internet dans deux brefs communiqués.

Mais un porte-parole des rebelles autonomistes, Ali al-Hassi, a démenti sur la chaîne Libya al-Ahrar l'information, affirmant que le navire était toujours sous leur contrôle au port d'al-Sedra.

Un porte-parole de la marine libyenne, Ayoub Omar al-Kassem a indiqué de son côté que le bateau était cerné par des forces pro-gouvernementales,  mais n'a pas quitté encore le périmètre du port.  

Plus tôt, un membre du comité de crise formé par les autorités a affirmé à l'AFP que le navire, d'une capacité de 350.000 barils, avait eu le temps de charger 234.000 barils.

Walid al-Tarhouni, le porte-parole des gardes des installations pétrolières a indiqué à la chaîne de télévision Al-Nabaa que le navire serait probablement conduit vers le port de Zawiyah, à 50 km à l'ouest de Tripoli, afin qu'il vide sa cargaison.

Auparavant, le président du CGN, la plus haute autorité politique du pays, avait annoncé la création d'une force armée chargée spécifiquement de lever le blocage des sites pétroliers, contrôlés depuis l'été par des rebelles autonomistes. 

Une opération militaire sous le commandement du chef d'état-major devrait être lancée dans un délai d'une semaine, a précisé le porte-parole du CGN, Omar Hmidan.

 

- Menace de bombardement -

 

Des hommes armés, qui faisaient partie des gardes des installations pétrolières libyennes, se sont rebellés contre les autorités de transition et bloquent les terminaux depuis juillet pour réclamer l'autonomie de la région orientale de la Libye.

En suspendant de fait les exportations de brut, ils ont privé le pays de sa principale source de revenus, et provoqué une chute de la production à 250.000 barils par jour, contre près de 1,5 million b/j auparavant.

Le Morning Glory, arrivé samedi matin dans le port d'al-Sedra, était le premier bateau a avoir reçu une cargaison des rebelles. Le procureur général libyen avait immédiatement ordonné l'arrestation du navire, et de son équipage.

En réaction, les autorités avaient annoncé dimanche le déploiement au large du port de forces de la marine libyenne, appuyées par d'ex-rebelles, pour empêcher le navire de repartir avec sa cargaison, faisant craindre un conflit armé en cas d'attaque contre le navire ou contre les autonomistes.

D'autant que le Premier ministre Ali Zeidan avait menacé de bombarder le pétrolier, tout en mettant en garde contre une possible "catastrophe naturelle" en Méditerranée.

Depuis la chute du régime du colonel Mouammar Kadhafi en 2011, après une rébellion de huit mois, la Libye est confrontée à une forte instabilité politique, à des tendances séparatistes et à des violences incontrôlées dans un contexte de prolifération des armes, qui empêchent tout essor économique.

AFP

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