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Nigeria: série d'attaques de Boko Haram, au moins 74 morts en une journée

Les habitants de la ville de Maiduguri et ses alentours, dans le nord-est du Nigeria, ont subi en fin de semaine une série d'attaques sanglantes attribuées aux islamistes de Boko Haram, malgré une offensive de l'armée et l'état d'urgence.

Les attaques ont provoqué la mort d'au moins 74 personnes - et sans doute bien plus - pour la seule journée de samedi.

La première attaque, un double attentat, a fait samedi soir au moins 35 morts à Maiduguri, capitale de l'Etat de Borno. 

"Pour l'instant nous avons dénombré 35 corps", a déclaré dimanche le chef de la police de l'Etat de Borno, Lawal Tanko.

Un volontaire de la Croix-Rouge a affirmé avoir compté 51 cadavres, "la plupart des enfants", tandis que "près de 60 personnes ont été blessées". 

Un habitant ayant participé aux secours dit également avoir emmené "50 corps à l'hôpital de Sani Abacha".

Pour Hassan Ali, chef d'une milice locale anti-islamiste, de nombreux cadavres sont toujours enfouis sous les décombres des plus de 20 maisons et magasins rasés par les déflagrations.

Selon des témoins, les explosifs étaient cachés dans dans deux vieilles camionnettes abandonnées qui ont explosé à quelques minutes d'intervalle dans cette région considérée comme le fief de Boko Haram, un groupe islamiste armé cherchant à instaurer un Etat islamiste dans le Nord musulman.

L'attentat s'est produit dans le quartier densément peuplé de Gomari, sur la route reliant Maiduguri, où est né Boko Haram en 2009, à Damaturu, capitale de l'Etat voisin de Yobe.

Un témoin, Mallam Mohammed Buba, a raconté que la première explosion avait eu lieu alors que les habitants se préparaient pour la prière du soir.

La deuxième bombe a fait le plus grand nombre de morts et blessés: beaucoup de gens étaient accourus pour secourir les victimes de la première explosion.

 

- Peu après, une autre attaque -

 

 

Peu après, une autre attaque attribuée à Boko Haram, à quelque 50 km à l'ouest de Maiduguri, a fait 39 morts dans la localité de Mainok.

Là aussi, les habitants se préparaient à la prière du soir quand des dizaines d'assaillants vêtus d'uniformes de l'armée et circulant à bord de 4X4 ont attaqué Mainok à la grenade et au fusil-mitrailleur.

"Ils sont arrivés vers 19H00 et ont commencé à tirer aveuglément, à l'aide de lance-grenades RPG, d'explosifs divers et de fusils AK-47", selon un des témoins, Yahaya Umar. "Ils ont tué 39 personnes qui ont été enterrées ce matin. Ils ont détruit toute la localité".

Les insurgés avaient déjà pris d'assaut Mainok en juillet, faisant 25 morts.

Le président français François Hollande, qui était jeudi encore au Nigeria, a condamné dimanche "avec la plus grande fermeté les attentats terroristes" au Nigeria, dans un communiqué.

Les extrémistes de Boko Haram multiplient les attaques meurtrières, quasi quotidiennes dans cette région malgré l'instauration de l'état d'urgence et l'offensive militaire en cours depuis mai dernier dans les trois Etats de Borno, Yobe et Adamawa.

Le pays de 170 millions d'habitants est divisé entre un Nord à dominante musulmane et un Sud majoritairement chrétien, où se concentre sa richesse pétrolière. 

Vendredi, le porte-parole de l'armée a indiqué que les soldats nigérians avaient tué 13 membres présumés de Boko Haram et en avaient arrêté 15 dans le Nord-Est, au surlendemain d'une attaque attribuée au groupe qui avait tué au moins 37 personnes.

Lundi déjà, des membres présumés de Boko Haram avaient attaqué le dortoir d'un lycée de Buni Yadi (Etat de Yobe), massacrant 43 personnes. 

 

- 'Situation de guerre' -

 

Le conflit a fait des milliers de victimes en quatre ans, tuées par les raids et attentats sanglants de Boko Haram mais également les opérations de l'armée.

Depuis l'offensive militaire de mai, les violences ont fait quelque 1.500 morts, selon l'ONU et un décompte de l'AFP.

Elles ont aussi entraîné la fuite de leurs foyers de quelque 300.000 personnes, selon les Nations unies.

La présidence nigériane a parlé vendredi de "situation de guerre" dans le Nord-Est.

Premier producteur de pétrole et pays le plus peuplé d'Afrique, le Nigeria est confronté à d'immenses défis dans le domaine de la sécurité, mais aussi de la pauvreté et de la corruption.

AFP

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