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Egypte: le maréchal Sissi reconduit au gouvernement avant la présidentielle

Le chef de l'armée égyptienne, le maréchal Abdel Fattah al-Sissi, qui ne cache pas sa ferme intention de se présenter à la présidentielle, a prêté serment samedi avec le nouveau gouvernement dirigé par un ancien cacique du parti de Hosni Moubarak.

Pour être candidat au scrutin prévu au printemps, le maréchal devra cependant d'abord démissionner du gouvernement et quitter ou prendre sa retraite de l'armée.

Selon des experts, la nouvelle équipe gouvernementale pourrait permettre au candidat Sissi de se prévaloir durant sa campagne d'un gouvernement au bilan positif, alors que l'équipe sortante faisait face à une grogne sociale grandissante sur fond d'attentats quasi-quotidiens contre les forces de l'ordre.

Si les autorités avaient promis du "sang neuf" au gouvernement, 20 ministres sur les 31 que compte la nouvelle équipe ont été reconduits. Parmi eux se trouve le ministre de l'Intérieur, Mohamed Ibrahim, dont les policiers répriment violemment avec l'armée les partisans du président islamiste Mohamed Morsi destitué et arrêté par l'armée en juillet.

Le maréchal Sissi, architecte de la destitution de M. Morsi, conserve lui le portefeuille de la Défense, de même que le poste de vice-Premier ministre. 

Le nouveau gouvernement, dirigé par Ibrahim Mahlab, un cacique du parti de M. Moubarak chassé du pouvoir par une révolte populaire début 2011, doit désormais conduire le pays vers l'élection présidentielle, pour laquelle le nouvel et très populaire homme fort du pays, pas encore officiellement candidat, est donné favori.

Un haut gradé, proche du chef de l'armée, a affirmé à l'AFP que M. Sissi resterait au gouvernement jusqu'à la promulgation de la loi électorale encadrant le scrutin présidentiel, confirmant qu'il entendait bien briguer la présidence.

Dès sa nomination mardi, M. Mahlab, un ingénieur d'une soixantaine d'années, avait promis de s'atteler aux dossiers économiques alors que plusieurs secteurs professionnels sont en grève.

 

Retour à l'ère Moubarak ?

 

Il avait en outre assuré faire de la sécurité une priorité dans le pays déserté par les touristes, théâtre depuis juillet d'attentats quasi-quotidiens contre les forces de l'ordre.

Des groupes jihadistes revendiquent régulièrement ces attaques, dont plusieurs spectaculaires, en représailles à la répression des islamistes qui a fait au moins 1.400 morts, selon Amnesty International, depuis l'éviction de M. Morsi, premier président du pays élu démocratiquement et unique civil à avoir présidé l'Egypte. 

En outre, des milliers de personnes ont été arrêtées, mais les forces de l'ordre peinent à mettre un coup d'arrêt aux attaques qui sont allées jusqu'à viser le ministre de l'Intérieur ou à abattre un hélicoptère de l'armée dans le Nord-Sinaï.

Alors que de nombreux militants et le seul candidat déclaré à la présidentielle pour le moment, le leader de gauche Hamdeen Sabbahi, disent redouter un retour de l'ère Moubarak et du pouvoir autoritaire, trois ans tout juste après la "révolution" de 2011, la nomination de M. Mahlab a recueilli des avis partagés.

Longtemps dirigeant de l'entreprise gouvernementale Arab Contractors, l'une des plus importantes sociétés de construction en Afrique du Nord, M. Mahlab avait siégé au Sénat sous la présidence Moubarak et était l'un des cadres du parti de l'ex-raïs, le Parti national démocratique (PND).

Ses détracteurs l'associent à l'ancien régime, tandis que ses partisans louent un homme dynamique, fort de nombreux succès dans son domaine et proche du terrain.

La présidentielle, qui devrait avoir lieu au printemps, est l'avant-dernière étape d'une "feuille de route" annoncée par l'armée lors de son coup de force début juillet.

La "transition démocratique" promise a été lancée mi-janvier avec un référendum constitutionnel aux allures de plébiscite autour de la personne du maréchal Sissi - avec plus de 98% de oui, mais avec un taux de participation des jeunes extrêmement bas.

Elle doit s'achever avec des élections législatives après la présidentielle.

Exclus de la transition - et désormais déclarés "terroristes" en Egypte - la plupart des dirigeants des Frères musulmans, l'influente confrérie de M. Morsi, sont poursuivis en justice et encourent la peine de mort. 

M. Morsi a ainsi comparu une nouvelle fois samedi pour "incitation au meurtre" de manifestants, l'un des quatre dossiers dans lesquels il est poursuivi. L'audience doit reprendre dimanche. Et la justice doit examiner lundi une demande de récusation des juges dans deux autres de ses procès, l'un pour "espionnage" et l'autre pour évasion de prison.

AFP

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